L’heure est à l’amélioration des rendements saisonniers – et non plus instantanés – des systèmes de climatisation. La Directive Européenne ecoConception, dont l’application au monde de la climatisation professionnelle, s’étendra de 2015 à 2018, repose sur la performance saisonnière et s’exprime en énergie primaire. Ce qui bouleverse les habitudes.
Tous les fabricants conçoivent désormais leurs produits en fonction de ces demandes nouvelles. A Chillventa, trois technologies sont particulièrement mises en évidence : la vitesse variable appliquée aux compresseurs et aux ventilateurs pour favoriser le rendement à charge partielle, donc améliorer la performance saisonnière, le free-cooling et la récupération de chaleur.

- Le Data Center de l’Université de Portsmouth en Grande-Bretagne est équipé de deux groups froids Airdale DeltaChillers de 500 kW. Leur système de pilotage est conçu pour favoriser le free-cooling – fonctionnement sans compresseur – autant que possible, avec une température d’eau “froide” de consigne à 20°C. Doc. Airdale
La vitesse variable est devenue incontournable. Plus aucun industriel ne propose aujourd’hui un nouvel équipement sans y incorporer de la variation de vitesse. Même les fabricants allemands de pompes à chaleur qui ont longtemps résisté, comme Dimplex, par exemple, ont désormais basculé et ne jurent plus que par l’inverter, comme tous les asiatiques.
La distinction entre eau glacée et détente directe s’atténue
Les principaux industriels de la climatisation à détente directe – Daikin, Fujitsu, Hitachi, LG, Mitsubishi Electric, Toshiba, … - sont présents au salon Chillventa de Nuremberg, soit directement, soit par l’intermédiaire de leurs distributeurs en Allemagne. Le Hall 7 leur est consacré.
Les grands spécialistes de l’eau glacée, comme Carrier ou Trane, ne sont pas venus. Mais, Systemair, Riedel, d’autres fabricants de groupes d’eau glacée pour l’industrie sont là. Et surtout, il devient très clair, que la distinction traditionnelle, entre fabricants de solutions “eau glacée” et industriels de la détente directe, devient de plus en plus ténue.

- La nouvelle gamme de groupe froid EWAD-TZ de Daikin, produite par l’usine de McQuay achetée par Daikin il y a un peu plus de deux ans, fonctionne au R-134a et atteint un ESEER (European Seasonal Energy Efficiency Ratio) de 5,67. Doc. PP
Si les spécialistes de l’eau glacée campent dans leur pré carré, les tenants de la détente directe proposent de plus en plus de solutions eau glacée. Daikin par exemple, est à juste titre considéré comme le principal acteur mondial de la détente directe. Mais une bonne moitié de son stand à Chillventa est consacrée de nouveaux groupes de production d’eau glacée, certains issus de son rachat de McQuay, d’autres développés à partir de ses unités externes DRV.
Le free-cooling devient systématique
La gamme de chillers (groupes de production d’eau glacée en français de la clim) Daikin Ewad TZ, par exemple, ressemble beaucoup à ce que Ciat, Carrier ou Trane font de mieux et atteint un Eseer de 5,76 avec des puissances variant de 300 à 700 kW.
Pour l’instant, ces machines fonctionnent au R-134a, mais comportent tous les perfectionnements du moment : compresseurs pilotés par inverter (en clim-speak, l’inverter est une variation de fréquence du courant d’alimentation des moteurs électriques pour modifier leur vitesse de rotation, donc la puissance des machines), régulateur embarqué et, surtout, free-cooling.
Le free-cooling ou rafraîchissement gratuit consiste, lorsque les conditions de température sont réunies et que les besoins à satisfaire s’y prêtent, à couper le compresseur pour fonctionner simplement à partir de l’échange de température entre l’eau de l’installation et l’air extérieur. Un peu comme si le chiller se transformait en dry-cooler.
Un dry-cooler ou aéroréfrigérant est une machine assez simple : un circuit d’eau à rafraîchir traverse des échangeurs eau/air. L’air est poussé ou tiré à travers ces échangeurs par des ventilateurs. Il n’y a pas de circuit thermodynamique dans un dry-cooler. Appliquer un fonctionnement en free-cooling à un chiller revient à le ramener aux fonctions d’un dry-cooler. Il faut réunir deux conditions de températures et de besoins.