Comment réduire l’empreinte environnementale du ciment

©Holcim
Les cimentiers devront anticiper les réglementations sur le contenu en énergie grise des bâtiments et proposer des bétons “Bas Carbone”.
Le ciment est un liant à base de silicate de chaux, un mélange constitué de 80% de calcaire et de 20% d’argile, chauffé à 1?450°C dans un four avant d’être refroidi brutalement. La production d’une tonne de ciment entraîne l’émission de 0,9 tonnes de CO2, libérées par l’énergie utilisée et par la calcination des matières premières.
Tous les cimentiers sont engagés dans des développements pour réduire ces émissions de CO2 de l’ordre de 30% d’ici 2020 par rapport à 1990. Ils anticipent que la réglementation thermique de 2020 prendra en compte le contenu en énergie grise des bâtiments.
Outre l’énergie que le bâtiment consomme durant son exploitation, l’énergie dépensée pour la fabrication et le transport des matériaux, pour la construction du bâtiment et pour sa maintenance durant 50 ans, sera également comptabilisée. Pour parvenir à ces fortes réductions, les cimentiers développent de nouveaux procédés de fabrication qui requièrent des températures moins élevées.
Ensuite, ils diminuent la teneur en calcaire dans le ciment, de façon à réduire le relâchage de CO2 durant la cuisson. Une partie du calcaire est remplacée par des laitiers – mélange de chaux, d’alumine et silice, produits dans les hauts-fourneaux sidérurgiques lors de la fusion entre le minerai de fer et le coke – et par des cendres volantes issues des filtres des centrales thermiques.
Les premiers produits commercialisés affichent des réductions de CO2 de 30 à 40% et sont normalisés NF. La production du ciment est une industrie lourde, il faudra plus de 10 ans pour ré-orienter la production.
Le ciment, c’est lourd et “pénible” !

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A plus de 70%, les ciments sont vendus en vrac aux fabricants de BPE. Le reste est conditionné en sacs de 20 ou de 35 kg. Soulever 35 kg, c’est pénible, mais les habitudes des compagnons sur chantiers sont tenaces.
Certains refusent les conditionnements inférieurs à 35 kg. L’article 10 de la loi n°2014-40 du 20 janvier 2014 prévoit la mise en œuvre d’un “compte personnel de la prévention de la pénibilité” dés le 1er janvier 2015.
Tous les salariés exposés à des facteurs de pénibilité répertoriés, dont fait partie la manutention manuelle de charges lourdes, pourront en bénéficier. La norme française NF X35109 annexe A, les normes européennes et internationales NF EN 1005-3,4 et NF ISO 11228-2 considèrent la manutention manuelle de charges d’un poids supérieur à 25kg comme inacceptable et un facteur de risque avéré.
Pour les salariés, chaque trimestre d’exposition à un facteur de pénibilité verse 1 point dans leur compte, deux points s’ils sont exposés à plusieurs facteurs simultanément. Ces points peuvent être transformés en :
- temps de formation pour sortir d’un emploi exposé à la pénibilité ;
- passage à un temps partiel en fin de carrière avec maintien de la rémunération au taux plein ;
- trimestres de retraite supplémentaires. 10 points = un trimestre de retraite.
Les 20 premiers points sont obligatoirement utilisés pour la formation. Les salariés aujourd’hui trop proches de la retraite pour pouvoir accumuler suffisamment de points, bénéficieront d’un doublement de leurs points et ne seront pas obligés de les utiliser pour des formations.
Source : batirama.com / Pascal Poggi