Aller au contenu principal
Marché

Les chantiers des nouveaux réacteurs nucléaires EPR2 par EDF sont-ils sûrs ?

4 min de lecture
Partager :
Zones d'ombres sur les réacteurs nucléaires EPR2. ©
Zones d'ombres sur les réacteurs nucléaires EPR2. ©

Dans un rapport publié début octobre, l'Autorité environnementale relève des zones d'ombres concernant l'impact sanitaire, environnemental ainsi que la sûreté du chantier et de l'exploitation de deux nouveaux réacteurs nucléaires EPR2 par EDF à Penly (Seine-Maritime).

Une autorisation environnementale accordée en juin 2024 a permis à EDF de démarrer l'an dernier le chantier des aménagements pour installer deux nouveaux EPR2, avant même l'autorisation de leur création, toujours à l'instruction, à côté des deux réacteurs préexistants de 1300 mégawatts.

 

 

 

Des implications pour le milieu et la santé humaine

Cette instance indépendante, l'Autorité environnementale, a pour mission de rendre des avis sur les conséquences pour la santé et l'environnement de grands chantiers comme des infrastructures routières ou énergétiques. Concernant le projet de nouveaux réacteurs nucléaires à Penly, elle a identifié plusieurs sujets "avec des implications possibles pour le milieu et la santé humaine" que le maître d'ouvrage EDF doit "approfondir".

L'avis, émis le 10 octobre et rendu public le 15, liste en particulier :

– La sûreté des installations ;

– le risque de submersion ;

– les rejets de substances chimiques et la destruction d'habitats marins ;

– ou encore le coût du démantèlement des installations.

 

 

La prise en compte du dérèglement climatique par EDF jugée insuffisante

En sus, l'Autorité considère "encore insuffisante" la prise en compte du dérèglement climatique par EDF pour la construction de deux nouveaux réacteurs d'une puissance de 1670 mégawatts de type EPR2 en bord de Manche, "en particulier du fait du risque de submersion lié à la montée des eaux et aux tempêtes accrues". Par ailleurs, "les rejets en mer de substances toxiques ou cancérigènes [...] ne sont pas estimés à l'échelle de la centrale" et il n'est donc "pas possible à ce stade d'affirmer qu'il n'y a pas d'impacts significatifs sur l'environnement et la santé humaine, ni même que la réglementation sera respectée", affirment les auteurs du rapport. Selon eux, ce chantier entraîne "la destruction d'habitats marins remarquables et sensibles sans compensation à la hauteur des impacts".

 

 

Des documents de sûreté non remis à disposition de l'Autorité environnementale

L'Autorité environnementale s'étonne que "les documents de sûreté mis à disposition" n'aient pas pu faire l'objet "d'une véritable analyse" par ses membres, des "parties entières" en ayant été exclues par EDF "pour raison de sécurité" allant parfois "au-delà des prescriptions réglementaires".

Enfin, le rapport souligne que le dossier d'EDF n'indique pas le montant nécessaire à provisionner pour "le démantèlement" des deux réacteurs EPR2, ni pour "la gestion des déchets et la remise en état du site".

 

 

 

Toutefois, l'Autorité salue des progrès. Elle se félicite qu'EDF ait répondu à "toutes les recommandations" du premier avis datant de novembre 2023 et que l'entreprise ait réalisé une étude d'impact "en profondeur" et étudié plus finement les nuisances sonores du chantier



Source : batirama.com / AFP / Laure Pophillat / © EDF

Partager :

Commentaires (0)

Laisser un commentaire

Votre commentaire sera publie apres moderation.

Articles similaires