Dispositions constructives : façades filantes

Les recommandations professionnelles ont pour vocation de définir des principes de solutions constructives en fonction des trois typologies de façades ossature bois.
D’après les recommandations professionnelles, dans la pratique courante, il existe deux dispositions constructives pour les façades filantes.
La première consiste à disposer les panneaux de façades de manière superposée. Dans ce cas, on parle de façades auto-portantes. Les charges descendantes transitent jusqu’aux fondations, ce qui limite la hauteur de cette solution à 12 mètres, sauf si des justifications particulières sont données pour la stabilité des façades.
Dans la deuxième solution, les panneaux de façades sont indépendants et ancrés par niveaux. Cette fois-ci, les charges sont transmises au plancher de l’ossature primaire, niveau par niveau.
Dans l’une ou l’autre des solutions, la partie courante des façades filantes peut se composer de deux manières :
- la première consiste à n’avoir qu’un isolant entièrement mis en œuvre entre les montants de l’ossature principale (voir schéma ci-dessus). Dans ce cas, le parement intérieur est supporté par des tasseaux en bois ou une contre-cloison désolidarisée de l’ossature de la façade ;
- pour la seconde, l’isolant disposé entre les montants de l’ossature principale est complété d’une isolation intérieure, soit portée par les tasseaux supports du parement intérieur, soit maintenue par une contre-cloison en plaque de plâtre indépendante et désolidarisée de l’ossature de la façade.
La bonne mise en œuvre de ces façades passe également par le bon traitement des points singuliers, comme par exemple :
La fixation des parois
Selon les dispositions constructives retenues, les parois doivent être fixées :
- en pied de façade sur une lisse basse en bois, elle-même fixée sur l’ouvrage de fondation qui aura préalablement reçu une barrière d’étanchéité. La lisse doit être située à au moins 20 cm au-dessus du terrain naturel. Plusieurs systèmes de fixation peuvent être envisagés (tiges filetées pré-scellées d’au moins 8 mm de diamètre, chevilles métalliques bénéficiant d’un Agrément Technique Européen ou pré-scellement par ferrure métallique adaptée) ;
- en pied de façade sur éléments supports rapportés : ce cas se produit lorsque la lisse basse n’est pas fixée dans l’ouvrage de fondation mais supportée par des éléments rapportés sur le gros œuvre, type ferrures mécano-soudées ;
- en nez de dalle : la fixation et les dispositions particulières à mettre en œuvre dépendront de la configuration de la façade (façade auto-portante ou ancrée en nez de dalle).
Dans chacun des cas cités ci-avant, des dispositions doivent être bien évidemment mises en place pour assurer l’étanchéité à l’air et à l’eau. Pour cela, diverses solutions sont présentées dans les recommandations professionnelles (interposition de 2 cordons de calfeutrement pré-comprimés sous la barrière d’étanchéité, descente du pare-vapeur jusqu’à la dalle puis collage du retour sur cette dernière, continuité du film pare-vapeur, etc.).
La liaison des parois avec les refends, poteaux, etc.
Compte tenu que les façades sont filantes devant les éléments verticaux d’ossature primaire (refends, poteaux, etc.), la répartition des organes de fixation doit être continue.
L’étanchéité à l’air et à l’eau est assurée soit par la continuité du pare-vapeur et du pare-pluie (si on est dans le cas d’éléments préfabriqués), soit par la continuité du pare-vapeur seul (si on est dans le cas d’une fabrication sur chantier).
L’assemblage des panneaux en angles rentrants et sortants
Dans un cas comme dans l’autre, les panneaux sont repris à la structure porteuse par les fixations en extrémités. Les panneaux sont assemblés en angle entre eux en 3 points au minimum sur une hauteur d’étage. L’étanchéité à l’air est assurée par la continuité du pare-vapeur.
On trouvera également dans les recommandations professionnelles des éléments de mise en œuvre concernant l’assemblage des panneaux en angles dans le cas d’un pignon en béton, la gestion des acrotères et la continuité des façades en rapport avec la gestion des joints de dilatation.