Question 2 : Etes-vous BAEL ou Eurocode 2 ?
En termes de conception, longtemps le BAEL (béton armé états limites) a fait autorité. Désormais, les Eurocodes s’imposent et dans le cas qui nous intéresse, il s’agit de l’Eurocode 2 – Calcul des structures en béton. Exit le BAEL ? Pas tout à fait.
Rien n’interdit à l’entrepreneur, si son client est d’accord, d’avoir recours au BAEL ! En revanche, si son ouvrage a été calculé aux Eurocodes, l’entrepreneur devra se conformer aux exigences de l’Eurocode 2. La raison tient au fait qu’il n’est pas possible de panacher les textes relatifs à la conception. Un ouvrage conçu aux Eurocodes ne pourra donc pas faire appel au BAEL.
5 cm, 3 cm, 1 cm sont les enrobages minimaux du BAEL afin de protéger les armatures exposées à différents degrés d’exposition.
L’enrobage de toute armature est au moins égal à :
- 5 cm pour les ouvrages à la mer ou exposés aux embruns ou aux brouillards
- 3 cm pour des parois coffrées ou non qui sont soumises (ou sont susceptibles de l’être) à des actions agressives ou à des intempéries, ou des condensations, ou encore, eu égard à la destination des ouvrages, au contact d’un liquide.
- 1 cm pour des parois qui seraient situées dans des locaux couverts et clos qui ne seraient pas exposées aux condensations.
L’enrobage, au sens de l’Eurocode 2, est une dimension calculée à partir d’un certain nombre de paramètres (classe structurale de l’ouvrage, classe d’exposition du béton…). Le concepteur doit ainsi calculer l’enrobage et préciser sa valeur sur les plans. A l’entrepreneur de respecter ces valeurs.
Exécution : attention aux tolérances pour les ouvrages horizontaux et verticaux !
Conformément au DTU 21, il existe 4 qualités de parement : élémentaire, ordinaire, courant et soigné.
Le parement élémentaire
est généralement réservé aux parois de locaux utilitaires pour lesquels une finition ordinaire n’est pas nécessaire ou aux parois destinées, soit à recevoir une finition rapportée non directement appliquée sur le support, soit à être masquées par une cloison de doublage indépendante de ces parois.
Le parement ordinaire peut convenir pour les emplois ci-dessus lorsque la paroi est destinée à recevoir un enduit de parement traditionnel épais.
Le parement courant
correspond, par exemple, à des ouvrages susceptibles de recevoir des finitions classiques de papiers peints ou peintures moyennant un rebouchage préalable et l’application d’un enduit garnissant (sauf indication contraire des DPM, ces travaux de rebouchage et enduit garnissant ne sont pas à la charge de l’entreprise de gros œuvre).
Le parement soigné
convient aux mêmes usages que le parement courant mais sa meilleure finition permet de limiter les travaux ultérieurs de revêtement éventuel et n’exige qu’une moindre préparation.
En l’absence de toute indication des DPM
, les parements ordinaires sont retenus. Cependant le parement extérieur des ouvrages exposés à la pluie doit, lorsqu’il est destiné à rester brut ou à être revêtu d’une peinture ou d’un carrelage collé, être un parement soigné. Des qualités de parement différentes peuvent être exigées. Elles sont alors définies dans les DPM (parements bouchardés, lavés, etc.).
| CARACTÉRISTIQUES DE PLANÉITÉ DES PAREMENTS | ||
| Parement |
Planéité d'ensemble rapportée à la règle de 2 m |
Planéité locale (hors joints) rapportée à un réglet de 0,20 m |
Elémentaire |
Pas de spécification particulière | |
Ordinaire |
15 mm | 6 mm |
Courant |
7 mm | 2 mm |
Soigné |
5 mm | 2 mm |
| SPÉCIFICATIONS CONCERNANT L'ÉTAT DES DALLES ET DES PLANCHERS | ||
| Etat de surface |
Planéité d'ensemble rapportée à la règle de 2 m |
Planéité locale (hors joints) rapportée à un réglet de 0,20 m |
Brut de règle |
15 mm | Pas de spécification particulière |
Surfacé |
10 mm | 3 mm |
Lissé |
7 mm | 2 mm |
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* Attention, dans le cas où les DPM indiquent que le support est destiné à recevoir un revêtement collé ou une sous couche isolante ou encore un revêtement de sol en pose scellée désolidarisée, les tolérances sont celles qui s’imposent à un état de surface lissé. En l’absence de toute indication des DPM, l’état de surface est surfacé. |
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Comment éviter les litiges
Un excès de gaines, de conduites, de fourreaux dans les dalles ou les dallages conduit à de la fissuration et des litiges entre le maître d’ouvrage et l’entrepreneur…
Les canalisations, gaines, fourreaux, etc., incorporés doivent satisfaire, tous corps d’état confondus, aux spécifications suivantes :
- être situés entre les nappes d’armature (lorsqu’elles existent), de chacune des deux faces,
- permettre un enrobage par le béton au moins égal au diamètre de la plus grosse gaine, avec un minimum de 4cm,
- présenter, sauf localement, une distance horizontale entre elles au moins égale à leur diamètre, avec un minimum de 4cm,
- au droit des croisements ou empilages localisés, ne pas occuper plus de la demi-épaisseur et permettre un bétonnage correct des zones de concentration ponctuelle de gaines au voisinage des raccordements dans les boîtiers.
* Ce thème a été traité le 6 avril 2011 par Wilfried Pillard, directeur technique de l’Union de la maçonnerie et du gros œuvre lors de la matinale du Syndicat des entrepreneurs de construction de Paris Ile-de-France.
Source : batirama.com
