Applicable depuis avril 2020, le NF DTU 45.11 est une nouvelle norme pour la mise en œuvre d’isolation dans les combles par soufflage.
Domaine d’application
Le NF DTU 45.11 "Isolation thermique de combles par soufflage d’isolant en vrac (laines minérales ou ouate de cellulose de papier)" donne des spécifications de mise en œuvre d’isolation thermique de combles :
– non aménageables ;
– non aménagés ;
– perdus ;
par soufflage d’isolants en vrac, fabriqués et conditionnés en usine à l’aide d’une machine pneumatique, de :
– laine minérale ;
– laine de roche ;
– laine de verre ;
– ouate de cellulose de papier ;
Ce type de travaux assurent l’une ou plusieurs des fonctions suivantes :
– isolation thermique d’une paroi ;
– isolement acoustique d’une paroi.
Il s’applique :
– aux travaux neufs et de rénovation ;
– aux locaux à faible ou moyenne hygrométrie ainsi que les locaux EB+ privatifs ;
– à toutes les zones climatiques françaises à l’exclusion des zones de climat tropical ou équatorial.
Les supports visés par le NF DTU 45.11 sont :
– plancher :
- maçonné (avec parement sous le plancher), en béton et dalles de compression avec ou sans parement ;
- bois ou à base de bois ;
– plafond en plaques de plâtre, briques plâtrières ou lattis plâtré ;
– lambris posé conformément au NF DTU 36.2 avec membrane assurant la continuité du support.
Le NF DTU 45.11 ne traite pas :
– des planchers ventilés en sous-face par de l’air extérieur y compris ceux comportant des parties creuses ventilées ;
– des locaux et des bâtiments pourvus d’un système permanent de conditionnement d’air ;
– des isolations réalisées par projection ou insufflation, que ce soit en rampants ou verticalement au pourtour d’espaces aménagés en pièces d’habitation dans les combles, ainsi que les isolations entre plancher de comble et plafond de pièces inférieures ;
– des surfaces de répartition au-dessus de l'isolant soufflé ;
– de l’épandage manuel ;
– de l’isolation des équipements et des installations industrielles.
La version en vigueur de ce NF DTU, à la publication de cette fiche, est celle de novembre 2025.
Matériaux visés
Les exigences que doivent respecter l’ensemble des composants nécessaires à la mise en œuvre d’isolation thermique de combles par soufflage d’isolant en vrac (laines minérales, ouate de cellulose de papier, machine de soufflage, etc.) sont données dans la partie 1-2 "Critères généraux de choix des matériaux" du NF DTU 45.11.
Mise en œuvre : l’essentiel
Données préalables
Avant tout commencement des travaux d’isolation, l’entrepreneur doit disposer de données essentielles pour la bonne mise en œuvre. Il doit notamment connaître :
– la résistance thermique attendue ;
– les conditions d’accès aux combles ;
– les caractéristiques du comble à isoler et notamment sa capacité à résister à la charge supplémentaire due à l’isolation soufflée ;
– si des dispositifs d’éclairage encastrés sont présents ou pas, et s’ils sont protégés.
En outre, il convient de s’assurer que la structure porteuse est capable de supporter le poids de l’ouvrage. Les groupes de ventilation et de récupération de chaleur ne doivent pas être dans le volume à isoler afin que l’isolant ne soit pas aspiré par ces premiers. Le comble à isoler doit également être dépourvu de canalisations d’eau, à moins d’être isolées indépendamment du soufflage réalisé.
En tout état de cause, l’entrepreneur réalisera une visite technique préalable au chantier afin de réaliser son devis, qui fera l’objet d’un rapport en double exemplaire (entrepreneur et client).
Prescriptions relatives à l’exécution
En complément, des vérifications doivent être réalisées avant d’entreprendre les travaux d’isolation en eux-mêmes et notamment :
– la présence d’une isolation déjà existante : selon les cas, des dispositions particulières seront à mettre en place ;
– s’il existe un ouvrage de fumisterie, une distance de sécurité doit avoir été mise en place avant soufflage de l’isolant, afin que ce dernier ne soit pas en contact du conduit de fumée, en usage ou non. Cette distance de sécurité est dépendante de la résistance thermique et de la classe de température du conduit de fumée (à minima : 8 cm pour les conduits de fumées métalliques simples ou multi-parois, 10 cm pour les conduits de fumées maçonnés). Le contact entre l’isolant soufflé et la face externe du conduit sera évité grâce à la mise en place d’un arrêtoir rigide ;
– l’isolant soufflé ne doit pas être au contact d’éléments électriques dégageant de la chaleur. A cet effet, ces derniers doivent être sortis de la couche d’isolation. En cas d’impossibilité, ils doivent respecter des dispositions de protection particulières ;
– dans le cas de travaux de rénovation, un isolant manufacturé de résistance thermique utile au moins égale à celle de l’isolant soufflé doit être mis en place au niveau de la trappe d’accès ;
– dans certaines configurations (voir annexe B de la partie 1-1 du NF DTU 45.11), la mise en œuvre d’un ouvrage ou d’une membrane pare-vapeur devra être envisagée. Elle pourra nécessiter la mise en place d’un espace technique pour inclure des dispositifs d’éclairage ;
– la hauteur de soufflage d’isolant nécessaire doit être identifiée sur les bois de charpente, par marquage directement sur ces derniers ou fixation, sur les bois, de dispositifs de mesure (par exemple réglettes graduées) ;
– la circulation ou la pose d’objet sur l’isolation soufflée est proscrite. De fait, dans le cas de la nécessité d’un accès pour l’entretien des équipements techniques, un chemin de circulation, d’au plus 60 cm de largeur, devra être aménagé dans les combles isolés par soufflage.
Une fois que l’entrepreneur dispose de toutes les informations nécessaires à la bonne mise en œuvre de l’isolant soufflé, cette dernière peut être réalisée, en prenant garde que l’isolant en vrac ne pénètre pas dans le volume habité. Ensuite, le soufflage est effectué :
– en maintenant le tuyau de soufflage en position horizontale ;
– en commençant par les parties les plus éloignées du point d’accès en se reculant, au fur et à mesure, vers ce même point d’accès ;
– en répartissant l’isolant de manière homogène sur toute la surface à isoler.
Les paramètres du soufflage (flux de matière et débit d’air) dépendent de l’isolant soufflé, du type de machine de soufflage, de la distance du soufflage et de l’emplacement de l’applicateur par rapport à la surface à souffler.
L’épaisseur d’isolant mis en œuvre est contrôlée tout au long du soufflage grâce aux repères disposés préalablement sur les bois de charpente. En complément, a minima 4 points de mesure pour 100 m2 de combles doivent être réalisés. L’épaisseur finale doit comprendre une surépaisseur par rapport à l’épaisseur utile de la couche isolante de manière à tenir compte de la classe du tassement dans le temps de l’isolant en vrac.
Une fois l’isolation réalisée, une étiquette signalétique doit être mise en place sur chaque tableau électrique ou à proximité, par l’entrepreneur, à destination des futurs corps de métiers intervenant dans le bâtiment où l’isolant a été appliqué. Cette étiquette précisera notamment comment les combles ont été isolés, l’interdiction d’installer tout élément pouvant engendrer une source de chaleur continue au contact de l’isolant ou l’obligation de repositionner l’isolant en cas de déplacement.
En fin de chantier, une fiche est établie par l’entrepreneur en trois exemplaires :
– un agrafé dans les combles à un endroit facile d’accès permettant une lecture aisée, accompagné de trois des étiquettes des sacs d’isolant utilisés pour le soufflage ;
– un conservé par l’entrepreneur lui-même ;
– un destiné au maître d’ouvrage.
Cette fiche sert notamment à matérialiser la quantité d’isolant soufflé.
N.B. : Cette fiche rapporte l’essentiel du NF DTU 45.11. Elle ne se substitue en aucun cas à ce document normatif. Pour tout complément souhaité sur ce type de mise en œuvre, consultez le NF DTU disponible auprès de l’AFNOR ou du CSTB.
Source : batirama.com