Solution n° 4 : Les matériaux biosourcés

Depuis le Grenelle de l’Environnement, l’intérêt pour les matériaux biosourcés, notamment pour le chaume, ne fait que s’accroître. Mais la profession connaît une pénurie de main d’œuvre.
Les carnets de commandes de la trentaine d’artisans chaumiers adhérents à l’ANCC* sont remplis 24 mois à l’avance. Qu’il soit en paille de blé, en seigle ou en roseau, c’est un matériau 100% naturel, isolant à la fois thermique et phonique.
Pourtant, s’il y a un label professionnel reconnaissant la qualité des artisans, le “label bâtiment biosourcé” pour le matériau n’existe pas encore et est à l’étude et devrait voir le jour en 2012.
On peut espérer une longévité de la toiture de 45 à 50 ans en respectant à la fois les recommandations techniques et certains points importants comme :
- construire la chaumière dans un lieu venté ;
- respecter une pente minimale de toit de 55 à 60% ;
- choisir un roseau de Camargue ou de la baie de Seine, pas “crochu”, bien droit, d’un bon calibre et éviter les produits d’importation ;
- faire appel à un professionnel de qualité. Ils sont une centaine en France implantés surtout en Normandie, Bretagne et Pays de Loire.
Des recommandations techniques ont été définies par l’ANCC* pour les professionnels mais quelques points sont à surveiller avec attention. Par exemple, il faut veiller à ne pas emmagasiner l’humidité à l’intérieur des paquets de roseaux qui sont posés “à la poignée”.
Chacune est fixée à la charpente par du fil de fer et il en faut 13 à 14 au m2 pour obtenir une épaisseur de 30 cm. Quant aux faîtages, ils sont réalisés en torchis “à l’ancienne” avec des iris pour retenir la terre.
Si la matière première est relativement bon marché, la main-d’œuvre est difficile à trouver et ne séduit plus les jeunes.
Selon Jacques Baudoin, président de l’ANCC : « Notre souci est de redonner un élan à cette profession. Face à une demande croissante, elle est aujourd’hui contrainte de faire appel à une main-d’œuvre des pays de l’est.
C’est pourquoi en septembre 2012, nous relançons une formation, la seule en France, au CFA d’Evreux. L’association a obtenu cette année un certificat de qualification professionnelle (CQP) qui permettra aux jeunes d’obtenir un diplôme au terme de leur année de formation. »
* Association nationale des couvreurs chaumiers : www.chaumiers.com - Tél. : 02 32 23 50 58
Formation toiture végétalisée
Outre les fabricants qui offrent des formations à leurs systèmes dans leur centre de formation, le CSTB Formation (2) en collaboration avec l’ADIVET (1) organise le 7 juin une journée sur l’efficacité et les évolutions technologiques des TTV).
Tecomah (3), l’école de l’environnement et du cadre de vie propose une formation aux “Travaux de végétalisation de toitures” pour les professionnels du paysage au titre de qualification VT 800 délivré par la profession. D’autres formations plus longues existent dont celles du CFPPA (4).
(1) CSTB Formation : Chloé Templier (chloe.templier@cstb.fr) : 01 40 50 28 15
(2) Association des toitures végétales : 06 69 18 68 27
(3) TECOMAH : Gilbert Turcan (gturcan@ccip.fr) : 01 30 67 12 00
(4) CFPPA Le Fresne : 02 41 68 60 03 (cfppa.angers@educagri.fr)
Source : batirama.com / C. Benassi