La solution de diffusion de chaleur à installer pour chauffer des bâtiments de grands volumes se détermine suivant différents critères. Sept paramètres entrent en ligne de compte.
Les caractéristiques du bâtiment d’abord, suivant que l’on est en neuf ou en rénovation, l’isolation, l’étanchéité et son inertie influeront sur la solution à retenir. L’activité pratiquée est déterminante pour savoir s’il y a des températures strictes à respecter.
Un système réactif
Gérer aussi le confort d’utilisation, l’hygiène et la sécurité. La fréquence d’utilisation des locaux permet d’opter pour un système plus ou moins réactif en termes d’inertie. Une salle de sport avec une occupation ponctuelle et partielle se verra installer un système de chauffage sectorisé par zone (à condition qu’il y ait des cloisons amovibles), avec une montée en température rapide.
L’énergie disponible et son coût permettent de définir la solution adaptée garantissant la plus basse consommation, en optant pour des brûleurs modulants par exemple. Enfin, dernier critère, le coût. Installation, consommation et entretien sont complémentaires.
L’étude technico-économique permet de faire le meilleur compromis. Alors, chauffage par air chaud ou rayonnement ? Eléments de réponse…
AVIS D'EXPERT
Jean-Marc Dufour - Vice-président de l’Association des ingénieurs en climatique, ventilation et froid (AICVF).
« Pour les aérothermes muraux, on a toujours un phénomène de stratification qui se créé naturellement. Pour y remédier, il faut avoir des taux de brassage de 3 à 5 V/h voire plus si les aérothermes sont positionnés à plus de 2,50?m de hauteur.
Attention aussi à la double déflexion ! Le principe est d’avoir le moins de turbulences car celles-ci réduisent la portée des appareils. Une des solutions est d’installer des aérothermes plafonniers car ils assurent aussi la fonction de déstratificateur. Mais la portée est limitée à 5 m.
Une autre solution est d’utiliser des bouches à induction qui présentent l’avantage de remélanger une partie de l’air ambiant avec l’air soufflé, et donc de diminuer la température de soufflage.
Pour les panneaux rayonnants, on voit souvent des installations avec des panneaux trop écartés. La loi de Lambert précise le pourcentage de rayonnement en fonction de l’écartement des panneaux. Pour rester proche d’un coefficient de 0,9 et donc d’un rendement de 90 %, les panneaux ne doivent pas être écartés de plus d’une hauteur d’installation.
Si les panneaux sont placés à 6?m de hauteur, leur écartement maxi devra être de 6 m. Exception : dans le cas de murs mal isolés, une demi-hauteur conviendra. L’autre règle à respecter concerne le débit du fluide caloporteur qui doit être turbulent.
S’il est lamellaire l’émission des panneaux va chuter de 30 à 40 %, d’où la nécessité de mettre des régulateurs de débit sur le retour des panneaux et non des tés de réglage ».
Source : batirama/L. Denovillers