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La photocatalyse, solution miracle pour la qualité de l’air ?

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La photocatalyse, solution miracle pour la qualité de l’air ?
La photocatalyse, solution miracle pour la qualité de l’air ?

 

A l’heure l’on nous parle de pollution de l’eau, de toxicité, de bactéries, de virus ou d’infections nosocomiales, les contaminations dans l’air que nous respirons ne sont pas en reste. Quand on sait que l’on passe 80 à 90% de notre temps dans les endroits clos, il est temps de prendre ce problème à bras le corps.

 

Peintures, colles, vernis et solvants présents dans les constructions sont autant de produits qui dégagent des composés organiques volatiles (COV) toxiques. Des solutions existent pour combattre ces désa­gréments comme, par exemple, l’usage de plantes dépolluantes mais est-ce réellement efficace?

 

L’observatoire de la qualité de l’air intérieur recommande d’aérer les locaux en ouvrant les fenêtres au moins 10 minutes par jour. Est-ce suffisant et durable? Dernier procédé faisant l’objet de développements récents pour le traitement de la pollution chimique et microbiologique des ambiances intérieures, la photocatalyse consiste à décomposer les molécules organiques par une succession de réactions chimiques.

 

Ces dernières ne sont efficaces qu’avec des rayons ultra-violets qui irradient la surface d’un matériau semi-conducteur, généralement du dioxyde de titane (TiO2).

 

Pour venir à bout de cette pollution ambiante, deux types de solutions photocatalytiques existent. Les systèmes de climatisation de l’air qui intègrent dans leur conception des filtres ou les appareils autonomes plutôt destinés à des applications domestiques, et les matériaux photoactifs qui sont généralement appliqués en couches minces ou répartis dans la masse, comme les peintures par exemple.

 

Ces procédés sont attractifs à l’heure où les bâtiments doivent consommer de moins en moins d’énergie en maîtrisant les renouvellements d’air tout en assurant une bonne qualité d’air.

 

 

AVIS D’EXPERT

 

Fabien Gérardin, chercheur à l’INRS

 

« Dans certains cas le remède pourrait être pire que le mal »

 

A l’Institut National de Recherche et de Sécurité (INRS), l’assainissement des lieux de travail par cette technique de photocatalyse est un sujet d’actualité et cela depuis plusieurs années maintenant.

 

Pour Fabien Girardin, chercheur à l’INRS, «il faut faire attention à la mise en œuvre de telles solutions car dans certains cas le remède pourrait être pire que le mal. Cette solution d’assainissement de l’air par photocatalyse qu’elle soit intégrée dans des épurateurs autonomes ou directement dans des peintures ou ciments par exemple, est très intéressante. Une limite importante est toutefois à préciser, elle concerne l’efficacité des produits utilisés.

 

L’expérience montre que les épurateurs d’air sont souvent mal dimensionnés et qu’ils n’arrêtent pas toutes les impuretés en un seul passage. Les polluants que l’on cherche à dégrader ne le sont qu’en partie, et ceux qui l’ont été peuvent se transformer en des composés plus nocifs que ceux que l’on cherchait à éliminer au départ.

 

C’est à mon avis le seul problème réel de la photocatalyse, on n’arrive pas à minéraliser les produits que l’on cherche à éliminer. A titre d’exemple, un appareil d’épuration autonome était en service dans un pressing utilisant du perchloréthylène pour nettoyer les vêtements.

 

On s’est aperçu que l’on améliorait un peu la situation de l’air ambiant en dégradant ce composé mais d’un autre côté on fabriquait du phosgène, un gaz extrêmement toxique. Il est indispensable d’avoir un vrai savoir-faire d’ingénierie pour concevoir ces systèmes. Concernant les peintures, on se pose encore aujourd’hui beaucoup de question sur le relargage éventuel de particules de TiO2 dans des peintures qui vieilliraient mal. » A suivre…

 

www.inrs.fr

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Commentaires (1)

J

jpd

il y a 1 mois

"Ces dernières ne sont efficaces qu’avec des rayons ultra-violets qui irradient la surface d’un matériau semi-conducteur, généralement du dioxyde de titane (TiO2). " Attention cette affirmation est erronée, la photocatalyse peut fonctionner sous lumière artificielle en étant appliquée sous forme de couche mince transparente et micro structurée. Cela élimine le problème des sous produits que l'on connait avec les épurateurs d'air ainsi que celui de l'éventuelle toxicité du TiO2 sous forme nano-particulaire que l'on trouve dans les peintures, comme évoqué par M. Girardin.

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