Solution n° 2 : l’eau chaude : un système réversible

Conçus à la base pour chauffer des locaux de grande hauteur, les panneaux rayonnants à eau chaude offrent aussi, aujourd’hui, la possibilité de rafraîchir ces locaux.
A partir de 5 mètres de hauteur sous plafond et un taux de renouvellement d’air inférieur ou égal à 2 volume/h, ce système de chauffage ou de rafraichissement est opportun.
Il est particulièrement adapté quand il s’agit de chauffer des salles de sport, entrepôts logistiques, ateliers, ou même des églises, mais aussi pour traiter partiellement certaines zones de passages ou de travail.
En revanche les panneaux rayonnants supportent mal les courants d’air, il faut donc les éviter pour des locaux largement ouverts comme des quais de gares, à moins que la vitesse de l’air reste très limitée.
Fort de ce succès, les fabricants ont également investi des marchés jusqu’alors réservé aux solutions électriques, les locaux de faible hauteur sous plafond (jusqu’à 3 ou 4 m).
En dessous de 5 m, ce système fonctionne également et trouve des adeptes. Exemple : les locaux scolaires. Plus de soucis de dégradations de radiateurs ou de brûlures quand il s’agit d’enfants en bas âge, sans oublier que cette solution libère de l’espace au sol et offre des surfaces d’aménagement supplémentaires.
Dans les maisons de retraites aussi, les panneaux rayonnants à eau trouvent une application idéale, ceci grâce à ces directives ministérielles qui ont été données pour la climatisation de ces établissements.
Enfin, sans mouvement d’air donc pas de sensation de froid ou de chaud, particulièrement désagréable quand il s’agit de personnes âgées, les panneaux rayonnant à eau ont encore de beaux jours devant eux avec, pour principal avantage, leur réversibilité.
Intérêts :
la réversibilité ; pas de mouvement d’air ; pratiquement aucune maintenance.
Limites :
le coût est élevé sur un chantier où il n’y a pas de chaufferie et qu’il faut en créer une ; ne supporte pas les vitesses d’air > 0,3 m/s.
INFOS PRATIQUES
Respecter les normes
Les normes NF EN 14037 et NF EN 12831 ont pour but d’instaurer une règle du jeu entre les différents acteurs de la filière. Elles ont été initiées sous l’impulsion des fabricants de panneaux rayonnants à eau chaude.
Avant ces deux textes réglementaires, chaque industriel annonçait les puissances de ses panneaux mesurées dans ses propres laboratoires, avec les dérives que cela pouvait générer.
La première norme définit un référentiel commun en Europe pour tous les fabricants, afin de pouvoir définir avec précision les puissances thermiques annoncées dans les documentations techniques, alors que la seconde préconise des méthodes de calculs des déperditions dans les locaux chauffés par rayonnement.
Ces textes ont permis d’éclaircir un marché qui devenait un peu flou et d’éviter tous ces industriels qui annonçaient les mêmes puissances d’émissions quelle que soit la position du panneau rayonnant, verticale ou horizontale.
Attention à la mise en œuvre !
Principale préoccupation quand on parle de mise en œuvre de panneaux rayonnants à eau, leur écartement doit respecter la loi de Lambert. Elle précise le pourcentage de rayonnement en fonction de l’écartement des panneaux.
Pour rester proche d’un coefficient de 0,9 qui correspond à un rendement de 90%, il ne faut pas que les panneaux soient écartés de plus d’une hauteur d’installation.
A titre d’exemple, des panneaux installés à une hauteur de 5 mètres doivent respecter un écartement de 5 m au plus entre ceux-ci. Par rapport à des parois bien isolées on peut respecter cette règle là, mais dans le cas de murs peu ou mal isolés, on demande une demi-hauteur. Autre condition importante, le débit dans les panneaux.
Pour optimiser l’efficacité des panneaux rayonnants hydrauliques, il faut que le débit du fluide caloporteur soit turbulent. S’il est lamellaire l’émissions des panneaux va chuter de 30 à 40%, d’où la nécessité de mettre des régulateurs de débit sur le retour des panneaux et non des tés de réglage.
Quelle que soit la pression du réseau, les régulateurs de débit permettent de maintenir un débit constant dans l’installation.
Une mise en chauffe scrupuleuse… !
Dans le cas d’un plafond rayonnant plâtre, un certain nombre de précautions sont indispensables au moment de la mise en température du plafond pour une pérennité de l’ouvrage. L’installateur ne pourra procéder à la première mise en chauffe qu’après un délai minimum de 7 jours après la réalisation des joints.
Cette opération doit être progressive et n’est en aucun cas destinée à l’assèchement rapide du chantier ! La VMC doit être en service et les finitions effectuées. Pour éviter de brusques variations dimensionnelles, la montée en température se fera avec un palier à 10 °C durant 5 jours minimum, avant de monter ensuite la température de confort intérieur normale de 19 °C.
Si les travaux se réalisent pendant la période estivale, la première mise en service du chauffage s’effectuera de façon progressive au début de la période de chauffe. Certains thermostats gèrent cette première mise en chauffe de façon automatique.
Source : batirama.com / Laurent Denovillers