Le principe : utiliser l’inertie thermique du sol pour rafraîchir ou préchauffer l’air entrant dans le bâtiment. À partir d’une certaine profondeur, la température du sol reste constante toute l’année. En France, la température du sol est, en moyenne, de 8 à 18 °C selon la saison à quelques mètres de profondeur. Plus l’air extérieur sera froid, meilleur sera le rendement de l’installation. En été, dans le cas d’une température extérieure de 30 °C, l’air neuf sera introduit dans le bâtiment à 20 °C permettant un rafraichissement de l’air ambiant sans climatisation.
4 éléments indispensables
Au moins deux avantages par rapport à une climatisation : dix fois moins d’énergie consommée et pas de diminution de l’hygrométrie de l’air synonyme d’air sec. Les 4 éléments d’un puits canadien sont l’entrée d’air neuf, le conduit, le système d’évacuation des condensats et le ventilateur ou système de régulation du puits. Les conduits doivent présenter une paroi intérieure lisse pour faciliter la circulation de l’air et éventuellement annelé à l’extérieur pour augmenter la surface d’échange de température. On les choisira donc en polypropylène, polyéthylène de qualité alimentaire ou en grès vitrifié et on évitera le PVC susceptible de dégager du chlorure. Le coût d’un puits canadien varie de 6?000 à 10?000 € HT pour une MI de 100 à 150 m2.
Source : batirama.com / Virginie Bourguet
Avis d'expert
Sébastien Chanard* «?Attention au imensionnement !?»

Comment réaliser un puits canadien ?Pour bien le concevoir, il est important de prendre en compte plusieurs critères?: la surface, le volume et l’exposition de la maison, la qualité de l’isolation et des vitrages, la zone climatique dans laquelle est située le projet et la concentration en radon du sol.
Sur un sol présentant des concentrations en radon importantes ou en zones inondables, l’installation doit être parfaitement étanche avec des joints et gaines de type IP68.
Comment bien dimensionner le réseau ?
La longueur du conduit enterré est calculée en fonction de la zone géographique, de l’installation choisie, du débit d’air souhaité, de la nature du sol et de sa conductivité. Ainsi, le réseau devra être plus long dans un sol sec et sablonneux que dans un limon argileux. Plus un sol est humide plus il est conducteur, et plus le réseau est long, plus l’air y circulant sera refroidi ou réchauffé selon la saison.
Le diamètre du conduit est calculé pour respecter une vitesse de l’air au sein du puits comprise entre 2 et 3 m/s.
Les tubes doivent être espacés d’au moins cinq fois le diamètre du conduit afin de garantir un bon échange thermique de chaque tube avec le sol.
Le conduit peut être constitué d’un seul tube posé soit en boucle circulaire autour de la maison à une distance d’au moins 1 m soit en méandres. La solution appelée Boucle de Tichelman organisée sous la forme de branches multiples installées entre des collecteurs est préconisée pour un bâtiment tertiaire, le débit d’air étant ainsi augmenté.
* Dirigeant de la société Eole (Bouches-du-Rhône)