Véritable solution technique pour maintenir en température les réseaux d’eau chaude sanitaire, la solution bouclage nécessite un minimum de connaissances afin de bien la mettre en œuvre.
Quand on parle bouclage ou recyclage d’une installation d’eau chaude sanitaire, on parle forcément équilibrage. Il ne s’agit pas simplement d’installer un circulateur (ou pompe de bouclage), mais aussi d’équilibrer correctement l’installation grâce à des organes d’équilibrage, qui permettent d’irriguer correctement toutes les antennes du réseau et d’éviter ainsi les bras morts, source parmi d’autres de prolifération des légionnelles. L’objectif à tenir est une température minimale de 50 °C en tout point de l’installation, à l’exception des canalisations terminales d’alimentation des points de puisage qui doivent avoir un volume inférieur ou égal à 3 litres, suivant l’arrêté du 30 novembre 2005.
La conception est donc essentielle et les entreprises ainsi que les bureaux d’études spécialisés doivent s’intéresser de très près au sujet du bouclage qui se résume trop souvent à la vieille méthode de dire qu’un diamètre de bouclage est en général celui de l’aller diminué de deux diamètres ! Il est impératif de prendre en considération 5 paramètres essentiels qui sont liés, à savoir, le débit, le diamètre, la longueur, la perte de charge et le coefficient KV des organes de réglages. L’avantage de la solution bouclage est que l’on maintient l’eau en circulation en tous points du réseau, en effet, un des artifices pour lutter contre les développements bactériens étant d’éviter les eaux stagnantes.
Intérêts : bonne circulation du fluide dans les réseaux. Sécurité contre les infections bactériologiques.
Limites : le coût de l’installation de bouclage (tubes, pompe, équilibrage…).
Solution n° 2 : Le cordon chauffant, pratique
La pose d’un cordon chauffant le long des tuyauteries de distribution d’eau chaude sanitaire permet de compenser les déperditions en ligne en chaque point de l’installation.
Son installation peut se concevoir dès la construction, mais se réalise également aisément en rénovation. Il permet de maintenir, dans les canalisations, une température d’eau suffisante pour ne plus à avoir à chasser l’eau immobilisée et refroidie dans les tuyauteries au moment de puiser de l’eau chaude. Un cordon chauffant est toujours installé avec un calorifuge pour le recouvrir. Les domaines d’applications sont divers même si l’on trouve des cordons chauffants sur des réseaux d’ECS dans des immeubles d’habitation neufs ou rénovés, des hôtels, maisons de retraite ou des hôpitaux.
Pour ces deux dernières applications, il convient de s’assurer que la maintenance est bien réalisée car le remède pourrait vite être pire que le mal, si un cordon chauffant était en panne et que personne ne s’en apercevait. En effet, on a déjà vu sur des installations qui nécessitaient deux cordons chauffants pour les tuyauteries de diamètres important, et ne plus fonctionner qu’avec un seul! N’ayant aucune maintenance sur ces systèmes, l’eau distribuée aux robinets était chaude, mais pas suffisamment pour endiguer le risque de développement bactérien, tel que des légionelles par exemple.
Pour résumer, on peut dire que simplicité et investissement réduit sont les deux atouts liés à cette solution, en effet, pas de dédoublement de canalisation, ni de pompe de bouclage et pas non plus d’organes d’équilibrage avec tout ce que cela implique comme réglages au moment de la mise en service de l’installation.
Intérêts : aucune maintenance, pas d’entretien. Rapidité d’installation. Pas de pompe de bouclage.
Limites : ne permet pas une circulation suffisante dans les réseaux d’eau chaude. Pas de maintenance, donc impossibilité de s’apercevoir quand il est en panne.
Infos pratiques

Attention aux KV des vannes !
Le choix d’une vanne de réglage est une étape primordiale dans la conception d’un réseau d’eau chaude sanitaire. Dans le passé, trop de boucles présentaient des débits trop faibles, de l’ordre de 50 l/h. Aucun organe d’équilibrage n’était capable de régler correctement ce débit calculé. Une vanne de réglage habituellement installée en diamètre 15 mm a un passage de l’ordre de 0,10 mm pour laisser passer un débit aussi faible que 50 l/h. Ceci est “hors plage” d’utilisation si l’on se réfère aux documentations des fabricants. Pour éviter ces soucis, les textes réglementaires à venir vont imposer un diamètre minimum de 14/16 mm pour un piquage, ce qui obligera, pour une vitesse de 0,20 m/s, un débit de 110 l/h. Ce débit minimum induit donc un coefficient KV de 0,22, ce qui fait que l’installation deviendra équilibrable.
3 points essentiels pour éviter la légionellose
Pour limiter le développement des légionelles, il est nécessaire d’agir à trois niveaux?:
• éviter la stagnation de l’eau et en assurer une bonne circulation?;
• lutter contre l’entartrage et la corrosion par une conception et un entretien adapté à la qualité de l’eau et aux caractéristiques de l’installation?;
• maîtriser la température de l’eau dans les réseaux, depuis la production et tout au long des circuits de distribution.