Le développement des rubans chauffants offre des possibilités nouvelles pour empêcher le développement des bactéries.
Les rubans chauffants posés sur les tuyauteries sont capables d’assurer une température défavorable aux bactéries, y compris dans les réseaux isolés desservant les points de soutirage, grâce à un maintien en température évitant les points entre 25 et 45?°C. En asservissant le chauffage il est possible d’assurer la température idéale au point de soutirage ou de chauffer les canalisations critiques à 70-75?°C.
Intérêts : extrêmement facile à poser. L’asservissement pourra isoler temporairement la distribution de l’eau.
Limites : doivent être isolés pour préserver la sécurité. Les bras morts ne sont pas traités.
Cas n° 4 : Le choc chimique
Quand le choc thermique est impossible, le choc chloré peut être une alternative.
La désinfection chimique peut être continue au dioxyde de chlore. La décontamination se fait en continu à l’aide de 0,5 à 1 mg/l d’oxydants totaux (dioxyde de chlore, chlorures, chlorates), produits par un mélange de deux composants dans l’eau. On prépare une solution-mère dans un bac puis on l’injecte dans le réseau à l’aide d’une pompe, à partir d’un point situé en aval du dispositif de protection du réseau public. Il s’agit d’obtenir un résiduel de chlore libre d’au moins 2 mg/l dans l’ensemble du réseau. Si le chauffe-eau ou le ballon est contaminé, il faut l’hyperchlorer à des niveaux de 20 à 50 mg/l, le pH de l’eau étant maintenu entre 7 et 8. On fait ensuite couler chaque point d’usage jusqu’à détecter l’odeur de chlore et l’on maintient le chlore dans le réseau pendant au moins 2?h (et 24?h maximum) avant de vidanger et de rincer abondamment celui-ci.
Intérêts : une méthode efficace pour autant qu’elle soit réalisée de façon correcte, à l’aide d’un matériel adéquat et par du personnel expérimenté. Peu coûteux à l’achat, consommation importante : dans certains cas un surcoût de plus de 3 €/m³.
Limites : des nuisances aux utilisateurs ou une faible efficacité sur les biofilms du réseau (Biofilm et Legionella sont opprimés, pas tués complètement). La concentration en chlore libre résiduel peut entraîner la corrosion des métaux. Pendant la désinfection : installation hors service, ce qui la rend difficile à réaliser dans les hôpitaux. L’évacuation de l’eau de désinfection demande la dilution avant la décharge.
Info pratiques
Veille technologique, il faut :
• un échangeur instantané sans perte de charge car la pompe de retour ne passe plus dans l’échangeur?;
• une maintenance sans obligation d’arrêt de la production. Ce montage ne nécessite plus un deuxième échangeur en secours?;
• un stockage sur le primaire, qui ne nécessite plus de procédure de désinfection, d’ACS et génère une économie de la puissance souscrite?;
• un organe de réglage auto-nettoyant pour la maintenance et l’entretien de l’équilibrage. Par un système “d’écluse” cette vanne autorise le passage des particules piégées en amont et les évacue à l’égout. La manœuvre, manuelle ou automatisée, permet le nettoyage de la canalisation et de la section de passage dans la vanne.
Attention au suivi et à l'entretien
L’entretien portera sur un suivi de tous les composants du circuit de distribution : vannes, clapets, mitigeurs, disconnecteurs, joints, pompes de recirculation. Il faudra procéder à un détartrage et une désinfection au moins annuels des ballons de stockage et de la robinetterie, à des purges régulières des conduites sous-utilisées, ainsi que des purges et une désinfection après travaux. Par ailleurs, il convient de surveiller chaque mois la mesure de la température et son temps de stabilisation (retour de bouclage général, sortie de production, points défavorables…) et procéder à une analyse annuelle des légionelles sur des points stratégiques. Autant d’informations à consigner dans un carnet sanitaire…