AVIS D'EXPERT

Gilles Marmoret
Responsable du pôle Service des affaires techniques et professionnelles au sein de la Capeb
« Un vrai savoir-faire »
La demande est-elle forte pour des agrandissements avec ossature bois ?
En effet, même si je suis persuadé que beaucoup de projets ne peuvent pas être réalisés à l’heure actuelle. Tout simplement parce que la demande estimée à environ 15 % devient plus forte que l’offre qui se chiffre autour de 8%.
Même si la filière compte 8 000 charpentiers – en notant tout de même qu’ils étaient moins de 6 000 cinq ans plus tôt - et environ 33 000 menuisiers, la pénurie de main-d’œuvre n’épargne pas ces métiers.En outre, une entreprise artisanale ne vit pas sur un produit mais sur un secteur d’activité qui s’étend rarement au-delà de son département.
Il ne doit donc pas nécessairement se spécialiser sur ce type de marché ?
Pas exactement. Le charpentier ou le menuisier qui se définit uniquement sur l’ossature bois peut avoir les pires ennuis. Il vaut mieux qu’il se définisse comme charpentier ou menuisier qui réalise de l’ossature bois.
Aujourd’hui, nous sommes sur un marché qui se développe en fonction des professionnels qui, de manière globale, doivent pouvoir réaliser le plan, la préfabrication, la fabrication et la mise en œuvre. Surélever ou agrandir avec une ossature bois, c’est à chaque fois un modèle unique qui demande un vrai savoir-faire.
Quel conseil donneriez-vous à un artisan positionné sur ce marché ?
De ne pas engager son client sur des transformations irréversibles.
Quelques conseils pour surélever ou agrandir
- Etant souvent en site occupé, il est impératif de protéger l’existant. Une opération difficile qui a un coût et qu’il faut chiffrer. Un bâchage provisoire reste moins cher, mais attention, il peut être inadapté.
- Bien vérifier sous la vêture, le bardage (bois, métallique, enduit hydraulique, etc.) qui doit être mis en œuvre dans les conditions réglementaires afin de garantir l’étanchéité.
- En cas de bardage bois, suivre les classements afin de mettre en œuvre des matériaux durables.
- Des débords de toits doivent prévus.
Attention : la définition du volume de maisons à réaliser doit être en conformité avec l’assurance contractée. Ce type d’ouvrage relève d’une obligation de constructeur de maisons individuelles.