En restauration du bâti ancien, la mise en œuvre des enduits traditionnels doit répondre à deux principes de base inscrits dans les règles de l’art du DTU 26-1 (NF P 15-201) : une application en trois ou deux couches (voir encadré) et un dosage en liant dégressif entre la première et la dernière couche. L’utilisation généralisée de la chaux dans un mortier traditionnel favorise la perméabilité à la vapeur d’eau indispensable à la respiration des anciennes maçonneries. Chaux aérienne le plus souvent (sa consistance grasse donne des enduits souples, onctueux, très maniables) ou chaux hydraulique, dans tous les cas, c’est le taux de chaux libre qui caractérise la perméance d’une chaux. Plus le taux de chaux libre est élevé, plus le mur respire. Reste ensuite à trouver le bon équilibre entre le durcissement aérien et la prise hydraulique du liant en fonction de la destination du mortier… Tout un savoir-faire. En rénovation du
bâti contemporain, il est possible d’utiliser des enduits monocouches d’imperméabilisation (voir encadré). Leur mise en œuvre est encadrée par le Cahier des prescription technique n° 2669-2 du Cstb (Centre scientifique et technique du bâtiment). Afin de laisser respirer le support, il faut, là encore, privilégier des enduits perméables à la vapeur d’eau. La classification "MERUC" (voir encadré) développée par le Cstb permet en un coup d’œil de repérer les caractéristiques techniques d’un monocouche !
L'utilisation généralisée de la chaux dans un mortier traditionnel favorise la perméabilité à la vapeur d'eau, indispensable à la respiration des anciennes maçonnerie.
Risque d’ettringite à l’interface ciment/plâtre
Les monocouches d’imperméabilisation bloquent les échanges gazeux entre l’extérieur et l’intérieur : ils ne sont donc pas adaptés à la restauration des constructions anciennes en pierre, brique ou torchis. Point commun à toutes ces techniques, la préparation du support reste délicate. Hormis pour les monocouches d’imperméabilisation lorsqu’ils sont utilisés en enduit décoratif et appliqués sur un enduit hydraulique existant (à condition qu’il soit sain), les supports doivent être totalement débarrassés de leurs anciens revêtements ou de leurs enduits à base de plâtre. Il faut le rappeler, les enduits au plâtre sont incompatibles avec un enduit hydraulique A l’interface ciment/plâtre apparaît systématiquement un développement d’ettringite. En résultent un gonflement puis un décollement de l’enduit. Un diagnostic en profondeur du support est donc indispensable avant toute intervention. Une étape nécessaire qui permettra de déterminer le type d’enduit à mettre en œuvre et la nécessité ou non d’utiliser un grillage métallique galvanisé fixé mécaniquement en renfort du sous-enduit (indispensable sur des maçonneries constituées de matériaux hétérogènes, de pierres dures, lisses ou non absorbante…).
Source : batirama.com / Virginie Bourguet