Dans une construction à isolation thermique répartie (ITR), l’élément de maçonnerie, de par sa structure interne, a une fonction 2 en 1 : il assure en plus de son rôle porteur, la fonction d’isolation thermique rendant caduque l’ajout d’une isolation thermique intérieure ou extérieure.
La laine est obtenue par effilochage et expansion des fibres de chanvre, qui sont additionnées d’un liant chargé d’assurer la tenue mécanique (entre 10 et 25 %), en polyester ou en laine de mouton. Dans ce cas, des traitements sont nécessaires contre la prolifération des insectes. Certains isolants en laine de chanvre reçoivent un traitement additionnel ignifuge. La laine est présentée sous forme de rouleaux, panneaux semi-rigides ou en vrac. La conductivité thermique varie de 0,039 à 0,045 W/m.K. Épaisseur indicative : 2 x 100 mm donnent un R = 5.
La pose de panneaux ou rouleaux sur rails métalliques ou sur montants en bois :
ceux-ci sont fixés aux mêmes intervalles de 60 cm.
La mise en œuvre se déroule comme pour les laines minérales.
La compression latérale facilite la tenue et évite les ponts thermique, elle doit être légère (+10 à 20 mm) au risque d’atténuer les performances thermiques du matériau. Sécuriser par un agrafage et la pose d’un pare-vapeur, indispensable (raccords au ruban adhésif).
Intérêts : matériau très durable et réutilisable. Résiste aux insectes et aux rongeurs. Pas d’effet néfaste connu sur la santé. Bon pouvoir d’isolation acoustique. Régulation naturelle de l’humidité de l’air.
Limites : non traité contre l’incendie, réaction au feu F. Adapté aux lieux sains, secs et ventilés. Port d’EPI recommandé.
Illustration : Victor Equoi d'après document Isover
Solution n°4 : La ouate de cellulose
Provenant de journaux déchiquetés et broyés, elle reçoit un traitement ignifuge, antifongique et insecticide aux sels de bore.
Commercialisée en vrac, en panneaux ou rouleaux, la ouate est intéressante à utiliser en flocons, moins onéreux. Elle est insufflée ou projetée avec le même appareil, dont la longueur de tuyau évite le déplacement. Sa conductivité thermique à l’état sec varie de 0,035 à 0,041 W/m.K suivant la densité (50-65 kg/m3 en insufflation, 40-50kg/m3 en projection).
- Mise en œuvre par projection, avec une petite quantité d’eau, entre les lattes du mur:
le pistolet assure l’alimentation en produit et en eau. Le support est humidifié juste avant la projection pour améliorer l’adhérence des fibres (humidité de 45 % à 50 %). L’épaisseur, projetée en deux ou trois passages, est supérieure d’environ 10 mm à celle des lattes. Le surplus est arasé. Les plaques de plâtre sont montées après séchage complet.
- Mise en œuvre par insufflation dans les cavités : Le remplissage s’effectue de bas en haut, par le haut de la lame d’air, ou par des orifices percés dans la cloison intérieure.
Intérêts : recyclage de déchets. Tenue au feu après traitement : certains produits sont non inflammables. Sous forme de flocon, allie facilité de mise en œuvre et un coût comparable aux isolants traditionnels. Ne contient pas de liant. Évite les ponts thermiques. Bon isolant acoustique. Non irritant.
Limites : protection des fenêtres, boîtes électriques, etc. par un film agrafé ou un adhésif. Matériel à louer, donc plus intéressant pour de grandes surfaces. Port d’équipements de protection. Sensibilité à l’humidité.
Mention spéciale à la paille, matériau utilisé brut, en botte, dont le coût est imbattable et la tenue au feu tout à fait satisfaisante, selon un essai récent mené au CSTB, qui a délivré un avis favorable à sa mise en œuvre dans un bâtiment scolaire des Hauts-de-Seine.
À lire: “Le grand livre de l’isolation”de Thierry Gallauziaux et David Fedullo.Editions Eyrolles.