Cette technique fait appel à des systèmes simples et rapides à mettre en œuvre et
peut permettre dans le même temps d’améliorer le confort acoustique aux bruits aériens en utilisant des isolants thermo-acoustiques, le tout pour un coût relativement moins onéreux qu’une isolation par l’extérieur.

Deux solutions sont possibles : les doublages collés par plots de mortier de colle ou les doublages sur ossature métallique.
• Les doublages collés ne peuvent être mis en œuvre que sur un support régulier et sain. Il s’agit d’un système “2 en 1” combinant un panneau isolant (laine minérale, polystyrène expansé ou extrudé, polyuréthane…) et un parement (10 ou 13 mm d’épaisseur en standard) en plaque de plâtre cartonné (plaque préimprimée ou non, haute dureté, hydrofuge…).
• Le doublage sur ossature métallique est préférable sur des murs irréguliers : l’isolant (panneau rigide ou semi-rigide en laine minérale, végétale…) est dissocié du parement de finition (qui peut être de différente nature, plaque de plâtre, lambris bois ou PVC…) permettant ainsi de rattraper les inégalités de surface.
• Alternative à la pose traditionnelle avec l’isolant inséré entre les montants de l’ossature métallique fixés directement sur le support, Isover a développé le système Optima : l’isolant est déroulé en continu sur le mur support et fixé mécaniquement par un appui spécifique qui va également assurer le maintien de la fourrure verticale, support du parement de finition. L’isolation étant continue, les ponts thermiques, qui peuvent être engendrés au niveau des montants verticaux lorsqu’ils sont fixés directement sur le support, disparaissent. L’autre avantage d’un doublage sur ossature métallique est de permettre le passage des gaines sans saignées dans l’épaisseur de l’isolant donc de ne pas amoindrir les performances thermiques de l’isolant, reproche souvent fait à l’égard des doublages collés.
Nouveau ! Il existe désormais des doublages à base de PSE (Placomur Ultra Pass de Placo, par exemple) qui intègrent des goulottes verticales pour le passage des canalisations hydrauliques et électriques. Pour une maison neuve BBC, il est possible de choisir un isolant avec une résistance thermique R de 3,5 à 5 m2.K/W pour obtenir un Up paroi de 0,18 à 0,26W/m2.K.
Intérêts : ne modifie pas l’aspect extérieur de la construction.
Limites : ne permet pas de traiter les ponts thermiques en nez de dalle imposant l’utilisation de rupteur thermique ; entraîne une réduction importante de la surface des pièces en rénovation.
Solution n° 2 : L’isolation par l’extérieur
Le principe, qui consiste à envelopper le bâtiment d’un manteau isolant, d’où l’appellation fréquente de “mur manteau” permet de traiter les ponts thermiques
en nez de dalle et d’obtenir une bonne inertie thermique.



Il existe une large palette de possibilités : enduit mince sur isolants, enduit hydraulique sur isolant, vêture ou bardage rapporté sur isolant. Tout ce qu’il est possible de faire en finition sur un mur isolé par l’intérieur peut se réaliser en mur manteau : enduit, revêtement mince en pierre naturelle ou en verre, bardage bois, métallique ou terre cuite, bacs végétalisés, panneaux photovoltaïques…
• La technique d’enduit sur isolant convient aux façades planes et régulières. Elle se compose d’un isolant rigide en polystyrène expansé ignifugé ou de panneaux semi-rigides en laine de roche qui vont être collés ou fixés mécaniquement et recouverts d’un enduit mince (3 à 5 mm d’épaisseur) à base de liants organiques armé d’un treillis synthétique ou métallique ou d’un enduit hydraulique (15 à 20 mm) à base de sable, de ciment ou de chaux.
• Les vêtures sont des produits industriels combinant une plaque de parement (acier, aluminium, terre cuite, composite polyester…) à un isolant de 4 à 10 cm d’épaisseur (polystyrène expansé moulé, polystyrène extrudé, polyuréthane ou laine de roche de forte densité). Leur mise en œuvre est mécanique au moyen de fixation traversantes, de pattes ou de profilés. À noter qu’il n’est pas nécessaire de ménager une lame d’air ventilée entre le support et la vêture.
• Le système de bardage rapporté se compose d’une peau extérieure portée par une ossature secondaire en bois ou métal fixée sur le mur de façade et d’un isolant (panneau de laine minérale ou plaques de PSE, extrudé ou polyuréthane) intercalé dans le vide (lame d’air de 2cm mini) ménagé entre le support et le bardage rapporté. Pour ne pas recréer un pont thermique structurel au niveau des profilés d’ossature, il faut poser deux couches croisées d’isolants ou fixer l’ossature secondaire sur des équerres devant l’isolant.
Réglementation : un système d’isolation thermique par l’extérieur est considéré comme non traditionnel et relève à ce titre de l’Avis technique auquel il faut se référer pour la mise en œuvre. Un Guide de conception des ouvrages à valeur de DTU devrait bientôt voir le jour.
Intérêts : en rénovation, permet d’améliorer les caractéristiques thermiques et esthétiques des façades sans modifier la surface habitable mais impose de faire une déclaration préalable de travaux.
Limites : demande un travail soigné au niveau des points singuliers (ponts thermiques potentiels); il est conseillé de poser les menuiseries au nu extérieur pour éviter de recréer un pont thermique.