La mise au point du procédé breveté, le mur Macc3, est l’aboutissement de plusieurs années de recherches menées par Pierre Macchi. Pour améliorer les performances thermiques d’un bâtiment, il est aujourd’hui nécessaire d’augmenter l’épaisseur de l’isolant. En partant de ce constat, Pierre Macchi a fait réaliser un mur préfabriqué recevant une isolation par l’extérieur, 30 cm de PSE TH 38. Ces murs surisolés peuvent ainsi revendiquer un Up de 0,14 W/m2.K. Autres particularités : les voiles béton intègrent, outre les armatures, des réseaux électriques et des piliers parasismiques (16 x 20 cm) tous les 50 cm. «?Pour éviter l’effet cage de Faraday, nous prévoyons une mise à la terre systématique de tous les aciers?», indique Pierre Macchi (Ndlr : un fil de cuivre, mis en place en usine, liaisonne les aciers avant d’être relié à la prise de terre).
Un système constructif complet
Mais pour répondre aux exigences de la basse consommation, le mur breveté seul ne suffirait pas. Il est l’élément d’un système constructif complet qui intègre, entre autres, une conception bioclimatique (en tenant compte de l’exposition nord/sud du bâtiment), le traitement des déperditions thermiques, la production d’eau chaude solaire (avec 5 panneaux solaires en toiture), une VMC double-flux couplée à un puits canadien… S’y ajoute une toiture également surisolée avec des caissons de toiture posés sur la charpente. Les dalles (16 cm) au rez-de-chaussée et à l’étage, coulées avec un béton autonivellant, bénéficient de l’inertie thermique du béton pleine masse.
Le grutier, un homme clé
Ce système assure gain de temps et rapidité de mise en œuvre. « Dans la journée, le rez-de-chaussée, la dalle et l’escalier peuvent être mis en œuvre par trois compagnons et un grutier?», précise Pierre Macchi. Le constructeur fait appel à un grutier sous-traitant dont le matériel de levage (80 à 100 tonnes) permettra d’assembler les murs au millimètre près. Le temps de construction d’un BBC dure aujourd’hui 5 mois (jusqu’à sa livraison finale). Quant au prix, il faut compter entre 1?300 e/m² pour du logement social et 1?800 e/m² en maison individuelle, soit un surcoût de 10 à 15?% par rapport à du traditionnel, selon Pierre Macchi. Avantages indéniables du procédé : le confort en hiver et, surtout, en été (maison fraîche sans climatisation) et un système de construction durable dans le temps, peu énergivore et conforme aux exigences du Grenelle de l’Environnement.
Source: batirama.com / F.L.