Aller au contenu principal
Mise en oeuvre

De la pierre sèche pour récupérer l’eau de pluie

4 min de lecture
Partager :
De la pierre sèche pour récupérer l’eau de pluie
De la pierre sèche pour récupérer l’eau de pluie


Faire face aux pénuries d’eau actuelles et à venir est une gageure. Après être tombées dans l’oubli pendant des décennies, les techniques des Anciens pour collecter et conserver l’eau de pluie sont remises au goût du jour. Dans la région de Nîmes, il tombe à peine 700 mm de pluie par an, les sources sont rares et l’eau souterraine se trouve loin de la surface. Entre le 18ème et le début du 20ème siècle, les vignerons cultivateurs ont construit dans la garrigue des dizaines d’édifices en pierre sèche, dits « capitelles » dans le Gard. Quelque 650 de ces bâtiments ont été recensés autour de Nîmes, abris pour les animaux et l’homme ou destinés à récupérer l’eau de pluie, par l’orientation du ruissellement du toit ou du faîtage des murs vers une citerne. Sur le site de Font Aubarne, planté d’oliviers sur un hectare, des murs de soutènement et de clôture ainsi qu’une capitelle-cuve (pour le stockage des récoltes) datant du XVIII ou du XIXe siècle ont d’abord été restaurés sur 3 ans, dans le cadre de stages d’insertion. Maurice Roustan, technicien formateur, président de la Confrérie des bâtisseurs en pierre sèche et de l’Association de sauvetage, d’entretien et de restauration du patrimoine urbain et rural (l’Aserpur), basée à Nîmes, a également encadré ce chantier de création d’un ensemble : « 8 personnes ont travaillé durant 4 mois.L’impluvium et des murs de la capitelle-citerne représentent 85 % du temps passé ». Les 3 techniques de récupération de l’eau pluviale sont utilisées :

 

1 • La pose des pierres du toit selon une inclinaison inversée, permettant d’orienter l’eau vers l’intérieur, dans la citerne.

 

2 • La création d’une surface dallée en pente, permettant de drainer l’eau dans une rigole qui la dirige vers un bassin de décantation, avant d’être stockée dans la citerne (impluvium artificiel).

 

3 • La récupération de l’eau de ruissellement du talus contre lequel s’appuie la capitelle citerne, selon la pente naturelle (impluvium naturel).

 

Pour contenir environ 5 000 litres d’eau, le bâtiment doit mesurer 2 m sur 2 m, sur une hauteur de 3 m. La construction est semi-enterrée pour que la poussée de l’eau stockée soit en partie compensée par le sol. Les murs poids, de 0,8 m d’épaisseur (1,6 T/m3), sont calculés pour supporter cette poussée. L’ensemble pèse environ 4,5 tonnes la citerne pleine. « On utilise les pierres trouvées sur place, qui proviennent des dérochages successifs réalisés pour cultiver la terre, ou du rocher qu’on a égalisé. Le matériau ne manque jamais ! » conclut Maurice Roustan.

 

Source: batirama.com / Emmanuelle Jeanson

 

 

Partager :

Commentaires (0)

Laisser un commentaire

Votre commentaire sera publie apres moderation.

Articles similaires