Aller au contenu principal
Mise en oeuvre

Un mur coupe-vent en marbre de Tavel

3 min de lecture
Partager :
Un mur coupe-vent en marbre de Tavel
Un mur coupe-vent en marbre de Tavel

 

Quoi de plus esthétique qu’un mur en pierre sèche pour délimiter le jardin de ce mas situé dans le Vaucluse?? Le mur à double parement décrit un arc de cercle autour d’une piscine qu’il protège du vent du Nord. Ce chantier typique de l’activité de bâtisseur en pierre sèche est l’œuvre de trois artisans de l’association des Muraillers de Provence.

 

Un puzzle en 3 dimensions

 

Ils ont opté pour du marbre de Tavel, extrait de la carrière Lugan, située à 25?km du chantier. Après avoir empierré la tranchée de fondation avec de la grave incompressible (concassé calcaire de 8-10 cm de diamètre), sur 60 cm d’épaisseur et 80 cm de large, ils montent le premier rang. La base du mur est large de 70 cm. Le double parement consiste en l’agencement sur deux faces, de grosses pierres dont la taille avoisine la moitié de l’épaisseur du mur. Inclinées vers l’intérieur, elles matérialisent un berceau. Ces pierres de parement sont montées à joints couverts au tiers ou à la moitié et dans tous les sens. L’imbrication dans les 3 dimensions donne une cohésion d’ensemble, qui évite les faiblesses.

 

Pierre de calage et de blocage

 

Outre les pierres de parement, apparentes, le mur est constitué, dans son épaisseur, de pierres de calage, qui verrouillent les pierres de parement, et de pierres de blocage qui remplissent les interstices selon un montage bien précis. Ces dernières forment le drain. Le travail en équipe demande que chacun connaisse et respecte le style des autres. Dans le cas présent, le maître d’ouvrage ayant laissé toute liberté aux 3 artisans, ces derniers se relaient à leurs postes respectifs au cours de la journée, mélangeant leur style tout en veillant à l’harmonie de l’ensemble. Le fruit du mur, déterminé au départ, est respecté grâce aux poteaux et aux cordeaux qui guident le murailler. Celui-ci incline la pierre “au fruit”. Les deux faces de mur s’appuyant l’une sur l’autre, le fruit ne doit pas être trop réduit, pour éviter un glissement. Le fruit et l’orientation des pierres jouent sur le captage de la lumière. Ici, le mur en calcaire, orienté au sud-ouest et presque blanc, réfracte fortement le rayonnement solaire de l’après-midi vers la piscine, qu’il va contribuer à réchauffer. Un mur de pierre sèche comprend au moins 30?% de “vides”, qui permettent le drainage de l’eau. Le rythme de travail, qui est  de 1,5 m2 par jour (7 h de pose) et par murailler, en moyenne. Le faîtage, constitué ici de pierres de couronnement épaisses et lourdes, pourra être habillé de jarres garnies de plantes retombantes.

 

Source: batirama.com / E. Jeanson

 

Partager :

Commentaires (0)

Laisser un commentaire

Votre commentaire sera publie apres moderation.

Articles similaires