Avant de choisir une technique de réparation, le diagnostic est fondamental. En effet, et c’est une règle d’or en réparation, il faut connaître la cause du problème, avant de proposer sa solution… Si réparer un acrotère ou un balcon ne présente pas de sérieuses difficultés, ce n’est pas le cas de la réparation d’une poutre en béton armé, dont les enjeux ne sont pas du même ordre, ce qui justifie un diagnostic approfondi. Dans le cadre de cet article, il ne sera question que de réparation dite épidermique intéressant aussi bien des ouvrages horizontaux que verticaux et en laissant de côté la réparation structurelle aux entreprises spécialisées.
De nombreuses contraintes
Le béton possède des qualités qu’aucun autre matériau ne peut offrir au bâtisseur, il est moulable, économique à l’achat (mais encore beaucoup trop cher selon certains) et à la maintenance, résistant à la compression…. Mais comme toute médaille a son revers, le matériau béton a des performances mécaniques à la traction et à la flexion modestes (de l’ordre du 1/10eme de celle à la compression). En réponse à ce revers, des aciers sont positionnés dans toutes les zones ou règne de la traction ou de la flexion. Cependant, il ne faut pas perdre de vue que le béton est un matériau vivant, il subira tout au long de sa vie de nombreuses contraintes de retrait et de dilatation, quand il ne s’agit pas de contraintes purement structurelles.Mais ce n’est pas tout, le béton est en interaction permanente avec son environnement, qui peut se montrer particulièrement agressif. Les cycles de gel-dégel, l’humidité, les attaques chimiques…sont des éléments qui vont contribuer à son vieillissement. Longtemps la résistance mécanique a constitué une réponse à ce type d’agression, mais depuis une vingtaine d’années, à la résistance mécanique, est associée l’environnement dans lequel évoluera le béton.
Une durée de vie de 50 ans !
En effet, une bonne interaction du béton avec son milieu garantira une meilleure pérennité de l’ouvrage. Si une durabilité économique des ouvrages était jadis de 30 ans, le matériau béton d’aujourd’hui peut offrir une durée de vie de 50 ans au minimum. Néanmoins, le meilleur béton ne pourra pas répondre à une déficience de conception ou de mise en œuvre.
Comprendre la corrosion des armatures
Comme on vient de le dire, le concept de béton armé repose sur la présence et l’intégrité de ses aciers.Or les réactions chimiques, lors de la solidification du béton, vont générer de la chaux, qui va protéger les armatures – on dit alors que l’acier est passivé.A cette protection chimique, est associé une protection physique, appelée enrobage.Plus l’enrobage sera important, meilleure sera la protection des armatures vis-à-vis des agressions extérieures. Conformément à l’actuel BAEL (Béton Armé Etats Limites), les enrobages sont les suivants :
Milieu marin : 5 cm
Milieu non agressif : 3 cm
Intérieur non humide : 1 cm
La passivation des armatures associée à un bon enrobage constitue donc les deux clefs pour garantir la pérennité d’un ouvrage en béton armé.
Source: batirama.com / B. Lemoine