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Maçonnerie de pierres naturelles : hourdée ou sèche ? (suite 1)

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Maçonnerie de pierres naturelles : hourdée ou sèche ? (suite 1)
Maçonnerie de pierres naturelles : hourdée ou sèche ? (suite 1)

 

Cas n° 2  Les pierres sèches

   

La construction en pierres sèches est souvent classée dans les maçonneries particulières du fait de sa réalisation minoritaire et très localisée. Cette technique, assemblage de pierres sans liant, a été utilisée dès l’Antiquité particulièrement pour la réa­lisation de murs de clôture de parcelles cultivées, murs de soutènement délimitant des surfaces agricoles en montagne et pour certaines routes. Ce n’est que plus récemment que cette mise en œu­vre a été utilisée pour la réalisation de cabanes pour l’exploitation agricole et l’activité pastorale.
Ici, on se limitera à présenter les principales étapes de la création d’un mur. Davantage de détails sont donnés dans les guides proposés dans les “Infos ­pratiques”.

 

Matériaux


maconneriepierre6.jpgL’approvisionnement en pierres dépend de divers facteurs tels que les ressources disponibles localement, la nature et l’importance du projet ainsi que le fait qu’il s’agisse d’une restauration d’ouvrage existant ou ­d’une création. Cela dit, suivant la géologie des lieux, les pierres récupérées seront plus ou moins faciles à mettre en œuvre. C’est ainsi que des matériaux tels le schiste ou certains calcaires, qui se délitent facilement par plaques plus ou moins homogènes en épaisseur (et donc faciles à travailler), permettront de réunir les conditions nécessaires pour la réalisation d’une maçonnerie en pierres sèches élaborée. C’est la raison pour laquelle cette technique s’est principalement répandue en Dordogne, dans le Lot, l’Aveyron ou le Sud-Est comme le Lubéron (et son célèbre village des Bories), régions où schiste et calcaire se trouvent naturellement.
Toutefois, le bâtisseur pourra également mélanger plusieurs types de pierres dans la même maçonnerie afin d’obtenir un ensemble animé par les différences de formes (pierres plates, rondes, irrégulières, en biseau, etc.) et de coloris des pierres.
©Firman Constructions


Mise en œuvre


La mise en œuvre se fait en plusieurs étapes :


1- Terrassement
Avant tout commencement, l’espace de travail doit être matérialisé, à l’aide d’une peinture au sol ou de mise en place de piquets profondément fixés sur lesquels sont tendus des cordeaux, afin de ne pas travailler inutilement.
Une fois les préparatifs aboutis, le sol, où le projet se réalise, doit être décaissé. C’est lors de cette étape que ce dernier est “trié” afin de séparer la terre des diverses pierres en présence, qui pourront être éventuellement utilisées pour le projet.
S’il s’agit de la réalisation d’un mur de soutènement, le sol sera creusé d’une profondeur suffisante au volume du mur, drain compris. En ­revanche, si le décaissage est destiné à recevoir des fondations, il faudra creuser jusqu’à atteindre une couche de sol suffisamment stable et bien tassé.



2- Réalisation des fondations
maconneriepierre7.jpgmaconneriepierre8.jpgEn général, elles sont réalisées à l’aide de pierres appelées “libes” (figure 1) disposées de sorte à répartir les charges de l’ouvrage à venir et à ne pas subir de rotation sous le poids du mur.
Afin de consolider le système, un “hérisson” peut être également prévu (figure 2).
©Dessins tirés du livre “Maçonnerie de pierre”

 

3- Élévation du mur
maconneriepierre9.jpgLes principes généraux d’élévation d’un ouvrage sont de même nature que ceux d’un mur en pierres hourdées. Afin d’assurer la stabilité du mur, deux parements sont bâtis, liaisonnés entre eux à l’aide de pierres traversantes (boutisses), régulièrement posées, et dont le cœur du mur est constitué d’un blocage de cailloux de plus petit format (figure 2). En absence de pierres traversantes, la stabilité de l’ouvrage (dans son épaisseur) est assurée par la mise en œuvre des pierres en tenaille (figure 1). Pour la même raison, les pierres situées en parement sont disposées idéalement en quinconce.
Ce sont le contact et la friction des pierres entre elles qui assurent la tenue et la résistance du mur ; le remplissage des vides, les calages et blocages doivent être donc particulièrement bien maîtrisés. ©Maguy Pourrat

 

4-Mise en place du couronnement
maconneriepierre10.jpgLe couronnement est généralement réalisé à l’aide de libes disposées horizontalement (ou avec une légère pente vers l’extérieur de la construction) ou à l’aide d’un blocage en hérisson (photo de gauche). Si les pierres sont trop petites pour réaliser le couronnement alors on les maçonnera au mortier afin de créer artificiellement des pierres de couronnement traversantes (photo ci-contre ©Firman Constructions).
Le couronnement représente une partie très importante dans la structure d’un mur en pierres sèches car il assure plusieurs fonctions :
- il parachève le mur en bloquant les pierres au sommet. Ainsi, il protège le mur de tous passages de personnes ou d’animaux et empêche qu’il ne se défasse pierre par pierre ;
- il participe à la stabilité même de l’ouvrage puisqu’il pèse sur toutes les autres pierres du mur et ce, jusqu’aux fondations ;
- du fait de l’organisation particulière de ses pierres, il se détache du reste de la structure du mur participant ainsi à l’esthétique de l’ouvrage.
Il est donc indispensable de bien le réaliser.




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