Les 5 étapes de restauration d'un mur de soutènement
Le clivage est l’étape préalable consistant à refendre ces blocs, afin d’obtenir des plaques plus maniables.
1/ Le débrousaillage : il est presque toujours nécessaire de dégager l’ouvrage de la végétation envahissante. Le chantier doit être propre et accessible.
2/ Le tri : le « désordre » est généralement un effondrement d’un pan de mur. L’éboulis est descendu, puis le remblai, mélange de terre et de pierres, est criblé. La terre est conservée pour être épandue à la fin du chantier. Les pierres sont triées par catégories (épaisseur et taille). Les gros blocs réguliers servent à la fondation, les pierres les plus belles (à face plane et régulière) sont conservées pour le parement, les plus plates réservées au couronnement. Le reste, les rèples » ou caillasses, sert à remblayer l’arrière du mur.

Schéma d'un mur de soutènement.
3/ Les fondations : si le rocher n’affleure pas, il faut creuser dans la terre une tranchée de quelques dizaines de cm de profondeur, dans laquelle sont placées les pierres de fondation qui, calées par de plus petites, apportent une bonne assise au mur. Mis hors gel, celui-ci ne travaille pas trop. Le mur poids oppose sa masse à celle de la montagne (une action verticale s’oppose alors à une poussée horizontale). Cette masse est calculée en fonction de la hauteur finale du mur.On applique simplement la règle du tiers. Ainsi, un mur haut de 3 m devra être épais de 1 m. Le mur a une forme de trapèze, plus large à la base car on lui donne du « fruit », ce qui signifie qu’on l’incline vers la montagne. Le calcul du fruit se fait en fonction de la charge supporté, il est de 5 à 15% (soit 5 à 15 cm par m de hauteur) dans le cas de cultures.
4/ La pose des pierres se fait en assises horizontales. Un cordeau est tendu pour respecter un parfait alignement du mur, contribuant à sa solidité. Les pierres sont ensuite placées une à une, sur leur face la plus plate, avec de préférence une légère inclinaison vers l’intérieur du mur (si l’inclinaison était côté extérieur, les pierres du dessus pourraient glisser dessus). Chacune doit être parfaitement calée afin d’empêcher tout mouvement.Les pierres de parement présentent une face plane et régulière vers l’extérieur. Les moins belles, petites et irrégulières, font l’épaisseur du mur, calées de la même façon à l’arrière du parement. De loin en loin est placée une « boutisse », longue pierre plate qui lie le parement aux rèples. Contribuant à solidariser l’ensemble sur la plus grande épaisseur possible, ces pierres de liaison évitent l’apparition de ventres dans les parements. La cohésion est encore renforcée par un appareillage plein-sur-joint, dit aussi de joints « coupés, croisés, décalés… », dans lequel chaque joint est couvert par une pierre au rang du dessus (une superposition pourrait entraîner l’ouverture de l’assemblage).


Le mur de soutènement est effrondré. Après débrousaillage, les pierres sont triées par catégories.
Mur achevé : des pierres de grande dimension forment le couronnement.
5/ Le couronnement est la touche finale, apportée par une rangée de pierres plates, assez lourdes pour ne pas être soulevées par des animaux ou les eaux de ravinement, qui couvrent toute l’épaisseur du mur. Dans le cas contraire, elles sont disposées sur le chant, perpendiculairement ou en oblique, et en rang serré pour faire masse. Divers aménagements peuvent être réalisés dans les murs : escaliers, niches, arches et enclaves et parfois formes purement décoratives.