Solution n° 1 : La pierre massive
1 • L’appareillage de blocs taillés (pierre dimensionnée)
Sur toute une façade ou limité aux encadrements des ouvertures, il demande un calepinage précis. Les blocs, bruts ou prétaillés, souvent en 50 x 30 et 25 x 30 cm d’épaisseur, sont façonnés et réajustés sur site (sauf les éléments techniques, taillés en atelier), puis posés sur un mince lit de mortier de chaux hydraulique naturelle et sables locaux, généralement dosé selon une recette “maison”. Les appuis des ouvertures, les sorties de toit, sont constitués de pierres plus dures, de même que le soubassement, une ou deux rangées de blocs levés sur des fondations “classiques”. Pour la première assise, le mortier est souvent plus fortement dosé en liant.
2 • La maçonnerie de moellons (pierre de forme quelconque et de dimensions variables, dont la face de parement est brute ou travaillée).
Elle demande une grande quantité de mortier bien dosé en chaux, dans lequel est noyée aléatoirement de la pierre “tout venant” ou du moellon équarri, sur une épaisseur d’environ 45 cm. Aligné de chaque côté, le mur de moellons demande une technicité particulière et du temps (8-9 h de travail par m²) : 2 équipes travaillent face à face. Les levées, de 60 à 80 cm de hauteur maximum par jour, sèchent en 2 ou 3 jours. Traditionnellement, la partie centrale est souvent comblée avec de petites pierres, bois, paille, chanvre…, qui réalisent une isolation partielle. Le jointoiement est réalisé au mortier chaux-sable ou au mortier pierre, ou bien la maçonnerie est couverte d’un enduit à la chaux permettant les échanges gazeux.
A RETENIR :
Intérêts : confort d’été lié à la forte inertie du matériau ; mur ”respirant” qui régule l’humidité intérieure ; matériau naturel et durable répondant aux critères de la démarche HQE : bilan carbone très intéressant, extraction peu “impactante”, réutilisable à l’infini, déchets réemployés ; esthétique et harmonie avec le milieu environnant ; entretien peu onéreux, comparé à une solution béton (ravalement considérablement retardé) : plu-value du bâti.
Limites : construction pas aux normes ; résistance thermique quasi nulle et étanchéité pas toujours assurée. Pour obtenir une résistance thermique correcte, un mur massif, de 20-22 cm par exemple, sera nécessairement isolé par l’intérieur, de 10 cm de laine de verre, roche, bois, chanvre… ; exigence d’une main d’œuvre qualifiée ; coût à peu près équivalent dans les 2 cas, supérieur à une construction ordinaire (autour de 500 €/m²).
Remarque : en collectif, la pierre massive peut s’avérer moins chère que le béton et la pierre agrafée (4 postes de main d’œuvre : mur en parpaings, pierre agrafées, doublage isolant intérieur, finition). En épaisseur relativement mince (20 cm), elle ne nécessite que 3 postes : le mur de pierre qui fait parement extérieur, le doublage isolant intérieur et la finition (en forte épaisseur, dans certaines conditions, on pourrait même se passer d’isoler et elle pourrait aussi servir de parement intérieur !).