Après des années de pratique en Lozère, Roland Mousquès se consacre aujourd’hui à la formation, au sein des ABPS. «Un stage d’une semaine permet d’apprendre les bases de la technique. De nombreux bâtis agricoles des mas cévenols sont en pierre sèche. Comme les « clèdes » qui servaient à faire sécher les châtaignes, ou les « jas », petites remises à outils. Nous rencontrons du schiste, du grès, du calcaire et du granit ! Notre projet est de créer une véritable école de la pierre sèche. Depuis 10 ans, on se tourne à nouveau vers cette technique, qui ne demande pas d’investissement en outillage. Une massette et un burin plat permettent de retravailler la pierre dans son épaisseur, afin de l’ajuster parfaitement aux autres. Cette activité se pratique tout au long de l’année. Il faut trouver la bonne pierre, bien la caler avec les autres, organiser le tout. Les terrasses en pierre sèche offrent le meilleur drainage du terrain, en permettant le ruissellement de l’eau tout en retenant la terre en cas de forte pluvimétrie. Le bémol est l’approvisionnement en pierre, difficile, et qui oblige à des transports non souhaitables dans l’optique de développement durable. La législation actuelle ne permettant pas de rouvrir les petites carrières de proximité, il faut aller chercher les pierres plus loin ou se débrouiller pour en récupérer lors de travaux routiers. On essaie d’obtenir la réouverture ponctuelle des carrières locales. »
FORMATION : LA DEMANDE EXPLOSE DEPUIS 2 ANS
Les premiers intéressés par les formations à la pierre sèche sont les agriculteurs, en particulier les viticulteurs, qui valorisent l’image « terroir » de leurs vignes. Les paysagistes, sont également de plus en plus demandeurs. Claire Cornu, architecte-urbaniste de la Chambre de métiers du Vaucluse, recense les professionnels de la pierre sèche. Elle souhaite constituer un annuaire des entreprises, en collaboration avec la Capeb qui étudie un projet de charte de qualité. Seules les deux associations de professionnels de la pierre sèche existant à ce jour sont engagées par une telle charte : les Muraillers de Provence et les Artisans Bâtisseurs de Pierre Sèche cévenols (ABPS). Les Capeb de PACA-Corse et de Rhône-Alpes organisent des stages pour les professionnels du bâtiment. »D’autres maçons pratiquent la technique mais ne sont pas encore prêts à se fédérer ni à enseigner », regrette Claire Cornu.