Solution n° 2 : Les fondations sur sols argileux
Tous les ans, ou presque, la canicule se rappelle à notre bon souvenir, notamment au niveau des maisons individuelles. En effet, rappelons qu'en 2003, plus de 3 400 communes ont demandé un arrêté de catastrophes naturelles suite à la sécheresse de l'été 2003. Le ministère de l'Intérieur estime que le coût global de la sinistralité de 1989 à 2002 s'élèverait à plus de 3,3 milliards d'euros. Les maisons individuelles en secteur diffus sont particulièrement montrées du doigt (78 % des sinistres de maisons individuelles) et même s’il est exact que la canicule affecte plus particulièrement les terrains argileux sur lesquels sont fondées un grand nombre de maisons individuelles, elle se montre impitoyable pour les constructeurs qui ne respectent pas les règles de l'art !
Un phénomène de Yo-yo
Marnes, limons, altérites…sont des noms attribués à des couches de sol, où des argiles sont présentes en plus ou moins grande quantité. Or certaines argiles ont des structures en feuillets entre lesquels de l’eau peut résider temporairement. En effet, lors des périodes de sécheresse, l’eau s’évacue et l’argile se rétracte, générant des craquelures parfois très spectaculaires. Quand la pluie réhydrate l’argile, l’eau revient entre les feuillets, il y a augmentation de volume, on parle de gonflement, jusqu’à une nouvelle période de déshydratation…Ce phénomène de yo-yo est appelé par les géotechniciens : retrait-gonflement. Or ce phénomène est tributaire de la quantité d’argile contenue dans le sol (toutes les marnes n’ont pas les mêmes quantités d’argile) et du pouvoir d’évaporation du sol, qui diminue avec la profondeur ! Sous une maison, en son centre, l’humidité du sol est constante, ce qui n’est pas le cas des fondations des murs extérieurs et notamment de celles des pignons, où le phénomène de yo-yo peut largement s’exprimer, entrainant du tassement différentiel et par voie de conséquence des fissures.
Les sols sensibles Afin de repérer ces formations argileuses, une cartographie départementale (44 départements fin 2006) des sols sensibles au retrait-gonflement est actuellement consultable gratuitement sur www.argiles.fr.
Quelles précautions de base pour les maisons individuelles ?
Deux cas peuvent se présenter :
1 • La maison individuelle – hors permis groupé - est située en zone sensible et il existe un Plan de Prévention des Risques (PPR) spécifique à l’aléa retrait-gonflement. Dans ce cas, deux possibilités : étude géotechnique avec prédimensionnement des fondations ou dispositions constructives forfaitaires.
2 • Pour tous les autres projets de construction – hors bâtiments annexes non accolés et bâtiments à usage agricole – l’étude géotechnique avec prédimensionnement est de rigueur.
Quelles sont les dispositions constructives forfaitaires ?
Le bon sens et le respect des DTU Fondations superficielles et Maçonnerie sont à la base de ces dispositions que nous rappelons ci-dessous :
1 • Respecter le hors gel minimal précisé dans le PPR : ≥ 0,80 ou ≥ 1,20 m selon la zone
2 • Proscrire les sous-sols partiels
3 • Descendre les fondations plus profondément à l’aval qu’à l’amont sur terrain en pente
4 • Privilégier les fondations sur semelles continues et armées et surtout ne pas élargir les fondations !
5 • Désolidariser les différents corps du bâtiment au moyen de joint de rupture
6 • Respecter les exigences de chainages horizontaux et verticaux (c.f . DTU 20.1)
7 • Respecter les exigences du DTU 13.3 – Dallages, notamment vis-à-vis de la compacité de la forme
8 • Mettre en place un trottoir périphérique et/ou une géomembrane de 1.50 m de large, afin de limiter l’évaporation à proximité immédiate des murs de façade
9 • Proscrire toute plantation d’arbre ou d’arbuste à proximité de la maison, sauf mise en place d’un écran anti-racines
Si les solutions forfaitaires sont autorisées, l’étude de sol demeure la meilleure solution, car elle va permettre d’adapter au mieux la réalisation en fonction des caractéristiques du sol. Donc à vous de convaincre votre client du bien-fondé de l’étude de sol. Quelque1500 euros en moyenne pour être tranquille, c’est peu par rapport à un sinistre qui coutera 10 fois plus cher !