Solution n° 1 : Drainer ou ne pas drainer
Rappelons qu’un drainage efficace doit permettre la collecte et l’évacuation des eaux de ruissellement… Le drainage devient cependant inutile, si le terrain est baigné par une nappe phréatique susceptible ce remonter à un niveau supérieur à celui du sous-sol ou si le bâtiment est fondé sur une couche peu perméable surmontée par un sol perméable. En effet, les eaux de ruissellement peuvent alors venir au contact des murs du sous-sol suffisamment longtemps pour pénétrer dans le bâtiment à travers le mur ou même en cheminant sous la fondation. Dans ces deux cas, le cuvelage va naturellement s’imposer.
Le drainage traditionnel
Le DTU 20.1 distingue plusieurs techniques qui diffèrent selon la nature de l’élément filtrant, à savoir par matériaux granulaires ou par géosynthétique rempli de cailloux ; cette deuxième solution étant la plus pratiquée. Quelle que soit la nature du matériau filtrant, le drain peut être en terre cuite, en béton perforé ou en PVC perforé. Le diamètre minimal intérieur du drain est de l’ordre de 100 mm et sa pente doit être comprise entre 3 et 10 mm par mètre, en ayant à l’esprit que si la pente est trop faible, le drain risque de se colmater, alors que si la pente est trop forte, elle va provoquer l’érosion du terrain avoisinant.
Le drainage traditionnel par matériaux granulaire
Drainage périphérique au contact de la fondation Drainage éloigné des murs extérieurs


La tranchée drainante, figure 1, est remplie de plusieurs couches de matériaux granulaires dont la granulométrie est croissante dans le sens de l’écoulement de l’eau, en choisissant des granulométries ne générant pas d’entraînement de fines dans le drain. Du haut vers le bas, le massif filtrant est composé de sable, de gravillon, de cailloux et enfin de grosses pierres au contact du drain reposant sur une forme en béton. Ce massif est le plus souvent au contact de la fondation ou parfois éloigné des murs extérieurs, figure 2 si de fortes venues d’eau de ruissellement sont à craindre ou si le sol est sensible au retrait gonflement…
Le drainage par géosynthétique rempli de cailloux
Utilisation du non tissé synthétique

Plusieurs couches de matériaux granulaires mal choisies risquent de provoquer un entraînement de fines, puis à plus ou moins long terme, un colmatage du drain. C’est pour cette raison que dans la plupart des cas, le massif filtrant est composé d’un massif de cailloux 30/60, par exemple, enfermé avec le drain dans un géosynthétique non tissé imputrescible d’au moins 200g /m2, figure 3.
A ces deux types de drainages traditionnel sont associés des procédés sous avis technique du CSTB (Centre Scientifique et Technique du Bâtiment).
Le drainage et/ou la protection sous avis technique
Tous ces matériaux filtrants, même s’ils sont encore utilisés, laissent progressivement leur place à des solutions industrielles et notamment à des solutions de drainage et ou de protection extérieur du soubassement par nappes à excroissances. Apparues au tout début des années 80, d’abord dans les pays scandinaves, puis en France dans les années 90, principalement dans les zones de montagne soumises à de forts ruissellements d’eau de pluie. Actuellement le marché français, selon l’ANEPE (Association des Nappes à Excroissances de Parois Enterrées) est proche de 5 millions de m2 avec des utilisations réparties à 80-85 % pour le bâtiment. Les nappes à excroissances se banalisent, mais attention aux ersatz moins chers que les originaux, mais beaucoup moins performants !
Les nappes à excroissances ; simples ou combinées avec un géotextile ?
Six fabricants se partagent aujourd’hui le marché, il s’agit de Altis, Axter, Doerken, Meple, Partenia et Siplast (voir le tableau des fonctions des produits et le carnet d’adresses en fin de ce dossier). Ces nappes à excroissances n’ont pas les mêmes fonctions et on peut distinguer trois familles :
Les nappes de protection : Comme leur nom l’indique ces nappes ont pour mission principale de protéger le support de tout endommagement mécanique lors du remblaiement ou engendré par des tassements différentiels… Les excroissances doivent être dirigées vers le support et non vers le remblai !

Les nappes de protection, filtration et drainage des eaux du remblai :
Ces nappes en PEHD « a » sont associées avec un géotextile filtrant « b ». Par conséquent, en plus de la fonction de protection, et grâce au géotextile positionné côté remblai, ces nappes ont une fonction de filtre et de drain.

Les nappes de protection, filtration, drainage et étanchéité de la paroi :
Cette troisième famille assure les fonctions précédentes, mais également la fonction d’étanchéité grâce à une membrane en PVC.
Le bloc drainant en PSE

Cette technique de drainage peut se substituer aux solutions granulaires précédemment citées, en effet, le drainage de pied est assuré par des blocs de polystyrène expansé de 1 mètre de long, présentant des gorges en surface, perforé et parcouru d’un collecteur de Ø 100 mm dans son sens longitudinal liaisonnés les uns aux autres par des manchons en PVC. Ces blocs sont entourés d’un non tissé synthétique thermosoudé, maintenu par des agrafes. La mise en œuvre doit respecter l’avis technique du CSTB n° 17/05-164. A signaler que ce produit a été récompensé au concours de l’innovation de BATIMAT 2003 !