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S2 : Terre crue : 4 techniques à redecouvrir

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S2 : Terre crue : 4 techniques à redecouvrir
S2 : Terre crue : 4 techniques à redecouvrir

 

Solution n° 2 : L'adobe (brique de terre cuite)

 

  Ces blocs de terre crue sont moulés et séchés, puis appareillés, dans des murs porteurs ou en remplissage de murs en pan de bois. Dans le Midi toulousain-Gascogne, les briques crues sont fréquemment combinées aux briques cuites. Pierres ou galets y sont parfois associés. Très présent en Champagne, sous forme de “ carreaux ” de terre, l’adobe se retrouve plus ponctuellement en Auvergne et dans les autres régions de terre crue, souvent utilisé en rénovation pour remplacer le pisé (mur porteur de 30 à plus de 50 cm), ou le torchis manquants.

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Caractéristiques :

 

- Densité de 1,4 à 1,8 T/m3 - Sol argilo-sableux, avec une bonne proportion de sable. Mise en œuvre : - La terre, épierrée, émottée, tamisée, est arrosée jusqu’à devenir presque de la boue. Elle repose 48 heures avant d’être malaxée aux pieds, fourche, râteau… On y ajoute des fibres végétales ou animales, pour 30 % du volume total. - Le moule est un simple cadre de bois sans fond fabriqué aux dimensions choisies. Il permet de mouler un ou plusieurs blocs à la fois.Les dimensions classiques sont celles des briques : 22cm de long, 10,5 cm de large et 5 cm de haut (ou encore 28 x 13,5 x 5, ou 40 x 20 x 8,5, etc.). - Le moule est mouillé, une portion de mélange est jetée dedans (expulsion des bulles d’air), arasée et démoulée sur le sol saupoudré de sable ou de paille. Le bloc est retourné plusieurs fois pour homogénéiser le séchage, long de 3 à 4 semaines. - La terre peut aussi être façonnée à la main, ou découpée au fil ou à la bêche. Les briques sont fabriquées près du gisement, séchées, puis transportées sur le chantier. - Les blocs sont aspergés avant d’être assemblés, au mortier de terre (la même) ou à la chaux, sur un soubassement en pierre ou brique, à raison de 80-100 cm par jour afin que le mortier se tasse. L’épaisseur du mur dépend du positionnement en boutisse (largeur) ou en  panneresse (longueur) des blocs. L’ouvrage traditionnel est en général enduit.  

 

Une alternative : le BTC

 

  crue5-377.jpgRendement peu compétitif et importantes contraintes de fabrication de l’adobe (gisement et surface de séchage importants, dépendance de la météo, planning de fabrication, …), entraînent les artisans à utiliser le bloc de terre crue comprimée (BTC). La terre, souvent stabilisée à la chaux ou au ciment, est compactée dans les moules d’une presse. Malgré l’augmentation de rendement, la technique reste artisanale. Le BTC est accessible mais reste cher (environ 33 €/m2 de mur simple épaisseur). Il est souvent utilisé dans le neuf, en complément d’autres matériaux, pour ses qualités esthétiques (coupole sans coffrage, voûte nubienne, …), comme isolant, ou en paroi chauffante, à laquelle est intégré un réseau de tuyaux. Les briques de terre crue extrudées, identiques aux briques cuites mais sans cuisson, sont également mises en œuvre, en intérieur.  

 

Solution n° 3 : La bauge

 

Technique la moins connue, elle est très rarement mise en œuvre dans le neuf, en raison de la contrainte des délais de mise en œuvre.

 

Ce système très “ rustique ” consiste à empiler, tasser, puis façonner des fourchées de terre amendée de végétaux. Moins courant que les autres techniques, il se retrouve en milieu rural, dans le quart nord-ouest de la France, notamment en Normandie, souvent associé au torchis. Les bâtisses en bauge atteignent 1 ou 2 niveaux, murs monolithiques de 50 à 80 cm d’épaisseur, enduits ou non. Une maison débutée au printemps est achevée à l’entrée de l’hiver. Elle doit sécher pendant des mois avant d’être habitable. L’enduit, facultatif, est traditionnellement posé une à plusieurs années après. De la bauge préfabriquée, en gros blocs moulés, assemblés avec une grue, a donné lieu à quelques constructions neuves en Ille et Vilaine et dans la Manche.

 

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Caractéristiques :

 

- Densité : 1,7 T/m3

 

- Sol argileux à argilo-sableux

 

Mise en œuvre :

 

- La terre extraite est épierrée, étalée et mouillée. Elle est malaxée jusqu’à devenir une pâte à laquelle on mélange des fibres (paille rigide, foin, jonc, crin…). Le mélange est foulé plusieurs fois aux pieds, avant d’être apporté à l’endroit choisi.

 

- après appareillage d’un soubassement haut de 30 à 90 cm, des fourchées de mélange sont déposées sur celui-ci, à plat ou en oblique, avec un débord d’environ 5 cm. La levée est achevée lorsque toute la longueur du mur est garnie, sur 60 à 90 cm de haut. Les débords sont tassés à coup de trique (simple bâton). Après une à quatre semaines de séchage, le retrait, 2 à 3 cm, est effectué.

 

- Debout sur la levée, le maçon installe un cordeau ou une planche à l’aplomb du soubassement. Il retire l’excédent de terre en taillant le flanc du mur à l’aide d’un paroir (bêche plate à long manche, au bord affûté), ou, de nos jours, d’un coupe-foin, longue lame métallique. Comme pour le pisé, les ouvertures sont ménagées pendant la construction ou découpées après séchage, selon les régions.

 

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