Installé dans un bâtiment discret de la zone d'activité de Chilly-Mazarin, dans l'Essonne (91), cet outil exceptionnel, le Centre de recherche et d’innovation d’Ecocem, a pour objectif de développer les produits de demain, ciments, bétons et mortiers destinés au marché mondial. Il fait aussi office de centre d’assistance des quatre usines du groupe et à ce titre accueillera des stages de formation et des collaborateurs scientifiques de tous horizons.
L’ouverture de ce lieu marque un nouveau tournant dans la quête d’Ecocem pour développer des solutions déployables à grande échelle et accessibles au plus grand nombre, dans l’objectif de permettre à l’industrie mondiale du ciment de se décarboner de 50 % d’ici 2030.
Un engagement de 25 ans
Pionnier des technologies ciments bas carbone, Ecocem est le premier producteur indépendant de ciment bas carbone en Europe. Depuis 25 ans, ce groupe familial franco-irlandais poursuit sa trajectoire au pas de charge, se dotant de gros moyens industriels et d’organismes de recherche (deux labos communs avec les universités de Toulouse et Saclay). En France, il investit dans la modernisation de ses deux unités de production (50 millions d’euros à Dunkerque et 4 millions à Fos-sur-Mer) et a ouvert une première "usine ACT" en 2025, qui entrera en production industrielle fin 2026. Il prévoit en tout quatre usines de ce type pour produire en quantité des ciments à - 70 % d’émissions de CO2 par rapport au ciment traditionnel.
Ces ciments ACT utilisent divers produits à faible impact et disponibles localement en quantité, pour se substituer au clinker (responsable de l’essentiel des émissions de CO2 du process). Ces ciments ont des caractéristiques équivalentes aux ciments traditionnels et se mettent en œuvre selon les mêmes modalités. Pour un déploiement rapide, cette technologie de rupture est transférée à tous les cimentiers du monde qui achètent sa licence.
L’industriel voit beaucoup plus loin : "nous savons déjà faire des ciments à encore plus faible impact carbone et même un ciment zéro carbone, mais nous ne savons pas massifier ces produits. Demain, grâce notamment à ce centre de recherche et innovation mais aussi à toutes les collaborations que nous entretenons avec la communauté scientifique internationale, nous inventerons des formules de produits à empreinte carbone négative, qu’il faudra aussi parvenir à rendre accessibles au plus grand nombre", déclare Connor O’Riain le directeur général d’Ecocem.

La salle dédiée aux mortiers industriels. © Ecocem
La recherche et l'innovation, priorité absolue
Depuis le premier laboratoire commun avec l’université de Toulouse en 2014, Ecocem n’a cessé de développer la recherche et l’innovation. Nouvelle concrétisation d’une stratégie d’investissement de plus de 70 millions d’euros sur ces dix dernières années, ce précieux outil inauguré début novembre en banlieue parisienne confirme la capacité d’Ecocem à participer activement à la transformation durable du secteur du ciment et de la construction. "Ce laboratoire est une étape importante et réaffirme notre détermination à apporter des solutions bas carbone performantes, éprouvées pour tous les usages et à des coûts compétitifs", insiste le dirigeant.
De gauche à droite : Connor O’Riain – Directeur général, Roberta Alfani – Directrice de la recherche et de l'innovation, et Arthur Kiiashko – Directeur du site. © EJH
Des équipements exceptionnels
Près de 11 millions d’euros ont été investis dans ce Centre de Recherche et d’Innovation, l’un des plus complets au monde sur le développement de ciments et bétons bas carbone. Le bâtiment des années 50 a subi une rénovation lourde pour installer les 1 200 m2 de laboratoire, l’unité pilote de 1 000 m2 et 1 000 m2 de bureaux. Le tout agencé judicieusement par Arthur Kiiashko, de façon à favoriser les échanges entre les collaborateurs. Le jeune directeur du site n’en est pas à son coup d’essai puisqu’il était déjà à la manœuvre lors de la création du laboratoire précédent, 400 m2 situés à Champlan. "Nous avons retenu ce lieu de Chilly-Mazarin car il est facilement accessible en transport et se trouve non loin de notre premier laboratoire, ce qui a simplifié le déménagement et évité aux collaborateurs de changer leur mode de vie" explique-t-il.
Des matières premières jusqu’aux produits finis, les multiples essais et caractérisations physico-chimiques sont menés dans une dizaine de salles, disposées de part et d’autre d’un couloir central.

Les cellules largement vitrées et regroupées optimisent les échanges et les déplacements. © Ecocem
Des paramètres ultra contrôlés
Salle d’essais poudres, salle des mortiers, salle des granulats, salle de préparation des bétons, salle durabilité, … chacune a ses spécificités. Les essais se pratiquent entre 5 et 35 °C, dans des enceintes climatiques à humidité contrôlée. Système extracteur de poussières, traitement des eaux usées, …, rien n’est laissé au hasard.

Dans la salle de chimie sont caractérisées les matières premières et sont étudiées les compatibilités des produits entre eux : fluidité, temps d’ouverture, etc. © Ecocem
L’unité pilote, un "must"
Une véritable mini-usine a été recréée à proximité du labo. Depuis le début de l’année, elle permet de tester en conditions réelles les formules les plus intéressantes, sans avoir à perturber les process de production des usines de Dunkerque et de Fos-sur-mer. Les équipements sont les mêmes, mais à échelle réduite 1/40eme.

L’unité pilote en cours d’installation. © Ecocem
Les deux mini-broyeurs, uniques en France, reproduisent les conditions d’usine : broyeur à boulets horizontal et broyeur cylindrique vertical, ils ont chacun une capacité de broyage de 500 à 1 000 kg/heure.
Un mélangeur, un pré-crusher, un sécheur, un séparateur et sept silos de matières premières complètent l’équipement intérieur. Trois silos extérieurs permettent de charger directement les camions en produits finis, pour les mettre en œuvre sur chantier, dans des bâtiments pilotes construits par les partenaires d’Ecocem.

Le mini-broyeur à boulets. © Ecocem
Une équipe cosmopolite et pluridisciplinaire
Les 20 salariés du site seront rejoints courant 2026 par six nouvelles recrues. Experts, ingénieurs et techniciens hautement qualifiés, de dix nationalités différentes, représentent 20 % de l’effectif global d’Ecocem.
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Fabriqués dans des conditions maîtrisées et reproductibles, les mélanges sont étudiés sous tous les aspects possibles. © Ecocem
Une intelligence collective pour le meilleur
Afin de soutenir le développement et l’adoption de solutions de ciment bas carbone à l’échelle mondiale, Ecocem a créé fin novembre un Conseil Consultatif en Science des Matériaux, composé de onze des plus éminents spécialistes de la planète, avec lesquels l’entreprise collabore depuis des années. Ces personnalités ont déjà contribué à la mise au point de la technologie ACT et participent à l’écosystème d’intelligences développé par Ecocem pour avancer vite et bien vers une industrie cimentière capable de répondre aux enjeux de notre époque.
Source : batirama.com / Emmanuelle Jeanson / © Ecocem