Bien réussir une maison BBC
Réussir un Bâtiment Basse Consommation s’obtient par l’addition d’un choix spécifique en termes de conception et d’équipements connus. La réalisation d’un tel bâtiment ne génère pas de véritable révolution dans les solutions à mettre en œuvre. Il s’agit, avant tout, de savoir associer de manière harmonieuse et intelligente, les meilleures techniques et technologies déjà présentes sur le marché.
Une enveloppe étanche

Le but premier est de réduire les besoins de chauffage l’hiver et de climatisation l’été, en limitant les déperditions au niveau de l’enveloppe du bâtiment. Outre le choix de matériaux possédant de bons coefficients thermiques, il faudra penser, par exemple, à privilégier la pose de menuiseries à rupture de ponts thermiques, prendre grand soin dans la mise en place des boîtiers électriques (pieuvres étanches, pose au silicone…), etc.
Traiter les ponts thermiques revient à agir directement sur les fuites de chaleur, génératrices d’un gaspillage d’énergie non négligeable et, ainsi, permettre la création d’une enveloppe étanche.
Une conception bioclimatique
La démarche bioclimatique cherche à composer avec le climat environnant. L’enveloppe du bâtiment devra ainsi tirer profit du climat afin de rapprocher au maximum ses occupants des conditions de confort en toutes saisons, et de réduire les besoins énergétiques, aussi bien ceux liés à la construction du bâtiment que ceux liés à son exploitation.
Ainsi, tout aura son importance :
- l’implantation et l’orientation du bâtiment, dont le choix reposera sur les caractéristiques du site telles l’ensoleillement, les variations de températures, les vents, la topologie du terrain et les éventuels obstacles proches (bâtiment, végétation, etc.). C’est ainsi qu’une orientation des baies vitrées Sud-Est/Sud-Ouest sera privilégiée. Elle pourra assurer une économie de chauffage pouvant aller jusqu’à 30 % de la consommation moyenne et pourra limiter efficacement l’inconfort résultant d’une surchauffe estivale ;
- la distribution et l’orientation des espaces. En effet, le cloisonnement permettra de répondre aux ambiances thermiques différentes des espaces afin de répartir et conserver au mieux la chaleur. La création d’espaces tampons (espaces non chauffés tels garage, cellier ou peu chauffés tels cuisine, couloir, etc.) jouera un rôle de zone intermédiaire entre l’intérieur et l’extérieur ;
- etc.
Une isolation thermique performante
L’isolation est un des paramètres clés dans la réussite d’un Bâtiment Basse Consommation. Quel que soit le type d’isolation thermique choisi (répartie, par l’intérieur ou par l’extérieur), la performance maximale de l’isolation sera recherchée.
Pour se faire, le choix des matériaux et, bien évidemment, la qualité de leur mise en œuvre devront se faire avec rigueur.
Une perméabilité à l’air faible

La perméabilité à l’air d’un bâtiment, deuxième point clé pour la réussite de l’obtention d’un BBC, caractérise sa sensibilité vis-à-vis des écoulements aérauliques parasites causés par les défauts d’étanchéité de son enveloppe, autrement dit, la qualité de la mise en œuvre de tous les composants et des parois (voir schéma ci-dessous).
Elle se quantifie par la valeur du débit de fuite traversant l’enveloppe sous un écart de pression donné.
Pour l’obtention du label BBC, le niveau maximal de perméabilité à l’air exigé par la réglementation
est de 0,6 m3/h.m2.
La mesure, effectuée sous 4 Pa, conformément à l’arrêté du 24?mai 2006, est réalisée selon la norme NF?EN?13829 et son guide d’application GA P50-784, par des personnes respectant la procédure “d’autorisation pour les mesureurs de perméabilité à l’air” mise en place par le ministère en charge de la construction et en accord avec les organismes certificateurs.
Système de renouvellement de l’air efficace
Avec l’isolation thermique et l’étanchéité à l’air, la ventilation est le troisième point clé dans la réussite “BBC“. En effet, dans un bâtiment bien isolé et étanche à l’air, l’utilisation d’une ventilation mécanique contrôlée performante s’avère incontournable, à plusieurs niveaux, car elle permettra?:
- d’assurer la qualité de l’air intérieur en apportant un air neuf ;
- d’évacuer les pollutions dans l’air telles odeurs, produits chimiques, humidité produite, etc. ;
- de maîtriser le confort thermique et acoustique du bâtiment ;
- d’améliorer la performance énergétique du bâtiment en optimisant la qualité de l’air renouvelé ;
- de protéger le bâtiment des dégradations dues, par exemple, à l’humidité.
Des objectifs en fonction de la rigueur climatique
En France, le niveau de performance de la basse consommation correspond à celui du niveau 5 du label “Haute Performance Energétique”. Il représente une consommation énergétique du bâtiment qui ne doit pas dépasser 50 kilowattheures d’énergie primaire par mètre carré de surface hors œuvre nette et par an.

Cet objectif est modulé en fonction de la zone climatique (coefficient a) et de l’altitude (coefficient b), afin de s’adapter aux différents climats régionaux. Le coefficient de zone climatique (a), est augmenté de 0,1 lorsque l’altitude de la construction est comprise entre 400 et 800 m et de 0,2 si l’altitude est supérieure à 800?m.
La formule de la consommation d’un Bâtiment Basse Consommation s’exprime donc sous la forme :
CBBC ≤ 50 x (a+b)
De cette relation découle la carte présentée ci-contre où les valeurs de l’exigence de consommation varient entre
40 et 65 kWhep/m2.an, selon les régions.