L’analyse du cycle de vie des produits nécessite la définition d’une unité fonctionnelle. Unité de compte à laquelle va se référer le bilan environnemental, elle dépend du service rendu par le produit étudié. Il peut s’agir, par exemple, de :
- 1 m² mis en œuvre pour les produits de couverture, de cloisonnement ou pour un mur ;
- supporter les charges et autres éléments du plancher sur 1 ml pour une poutre ;
- assurer le transport des eaux usées sur 1 ml pour une canalisation d’assainissement, etc.
Cette unité fonctionnelle prend en compte la durée de vie du produit, appelée “durée de vie typique” ou DVT. Elle comprend l’ensemble des constituants du produit considéré, emballage compris.

Inventaire du cycle de vie
Pour chacune des 5 étapes du cycle de vie du produit, un bilan matière et énergie des entrants et des sortants est réalisé. Les entrants et les sortants sont définis dans la figure ci-dessous.
Les entrants et sortants mis en évidence sont ensuite ramenés par calcul à l’unité fonctionnelle du produit, en prenant en compte également les pertes éventuelles dans le cycle de vie (chutes de fabrication, casse lors du transport, remplacement partiel, etc.) nécessaires pour que le produit assure sa fonction pendant sa durée de vie typique.
Ce n’est qu’une fois ces divers éléments définis qu’est réalisé l’inventaire du cycle de vie du produit :
- consommation de ressources naturelles énergétiques et indicateurs énergétiques (toutes les ressources qui servent de sources d’énergie dans le cycle de vie du produit : bois, charbon, gaz naturel, pétrole ; énergie primaire totale, énergie renouvelable, énergie matière, etc.) ;
- consommation de ressources naturelles non énergétiques (matières premières ne servant pas de sources d’énergie dans le cycle de vie maisétant utilisées par ce dernier : chrome, cobalt, plomb, sable, matières premières végétales, etc.) ;
- consommation d’eau (quantité prélevée dans les lac, mer, nappe phréatique, rivière, etc.) ;
- consommation d’énergie et matières récupérées (quantités de matières premières issues d’autres cycles de vie et utilisées par le cycle de vie du produit considéré : acier, aluminium, plastique, etc.) ;
- émissions dans l’air (hydrocarbures, CO2, CO, NH3, etc.) ;
- émissions dans l’eau (matières en suspension, hydrocarbures, composés fluorés, etc.) ;
- émissions dans le sol (polluants divers tels hydrocarbures, métaux lourds, etc.) ;
- production de déchets en distinguant les deux catégories de déchets : déchets valorisés (déchets générés par le cycle de vie considéré et recyclés ou valorisés par d’autres cycles de vie) et déchets éliminés (déchets dont, par défaut, le scénario de fin de vie est la mise en décharge : déchets dangereux, déchets non dangereux, inertes, définis réglementairement).
Afin de guider les fabricants dans la réalisation de l’inventaire du cycle de vie, la norme NF P 01-010 donne des exemples de tableaux pour chacun des points précédents.
La contribution du produit à l’évaluation des risques sanitaires
Il s’agit d’évaluer les impacts du produit sur la qualité sanitaire des espaces intérieurs et celle de l’eau. Pour cela, il faut considérer les émissions ou les sources de pollution éventuelles comme, par exemple :
- contribution à la qualité sanitaire des espaces intérieurs :
- monoxyde et/ou dioxyde de carbone ;
- hydrocarbures ;
- radon et rayonnements ;
- poussières, etc. ;
- contribution à la qualité sanitaire de l’eau :
- résistance aux biocides ;
- résistance aux chocs thermiques ;
- aptitude au contact eau potable, etc.
La contribution du produit au confort
Les caractéristiques du produit doivent être prises en compte en fonction de la pertinence du critère de confort à évaluer pour le produit considéré.
On distingue 4 types de confort :
- le confort hygrothermique : décrit par le comportement à l’humidité (perméance à la vapeur d’eau, absorption d’eau, etc.) et la performance thermique du produit (résistance thermique, contribution à l’inertie, etc.) ;
- le confort acoustique : caractérisé par l’indice d’affaiblissement acoustique, le coefficient d’absorption acoustique, etc. ;
- le confort visuel : dont les caractéristiques peuvent être la transmission lumineuse, l’absorption, la température de couleur, etc. ;
- le confort olfactif : dont les caractéristiques peuvent être exprimées soit directement par le biais de méthodes spécifiques de description de l’odeur (intensité, acceptabilité, etc.), soit indirectement par la caractérisation des composés chimiques odorants.