Question 1 : qu’est ce qu’un bon béton ?
Longtemps, le critère de choix d’un béton a été sa résistance. Aujourd’hui, même si la résistance est un critère important, il n’est pas suffisant. Le béton doit être en adéquation avec l’environnement dans lequel il va évoluer.
Un béton en environnement marin a de fortes chances de moins bien vieillir qu’un béton situé à l’intérieur d’un bâtiment. C’est pour cette raison que la norme NF EN 206-1 définit des classes d’exposition.

Le risque le plus fréquent
pour les bétons armés est celui de la carbonatation du béton qui entraîne la rouille des armatures avec les conséquences que l’on connaît. 4 classes sont à prendre en compte : XC1 (sec ou humide en permanence) ; XC2 (humide rarement sec) ; XC3 (humidité modérée) et XC4 (alternance d’humidité et de séchage).
Le deuxième risque
à prendre en compte est celui de l’attaque du gel/dégel avec ou sans agent de déverglaçage. En fonction de l’intensité du gel et de la présence d’un agent de déverglaçage, la classe d’exposition sera :- XF1 (gel faible ou modéré sans agent de déverglaçage) ;
- XF2 (gel faible ou modéré avec agent de déverglaçage ;
- XF3 (gel sévère sans agent de déverglaçage) et
- XF4 (gel sévère avec agent de déverglaçage).
Prenons deux exemples : un voile intérieur aura une classe d’exposition XC1, un voile extérieur non protégé aura (si gel faible ou modéré) une classe d’exposition XF1.
Dans les mêmes conditions une rampe d’accès à un parking (avec sels de déverglaçage) aura une classe d’exposition XF2.
Choisir la bonne classe d’exposition pour le béton est fondamental, car elle conditionne la formulation du béton. Sur les bons de livraisons de béton prêt-à-l’emploi, l’utilisateur doit être très vigilant sur ce point et le cas échéant refuser le béton, s’il ne correspond pas à ce qu’il a commandé.
Des classes d’exposition particulières peuvent également être prises en considération :
- XS1, XS2, XS3 pour le risque de corrosion induite par les chlorures présents dans l’eau de mer ;
- XD1, XD2 ou XD3 pour de la corrosion induite par des chlorures autres que marins (piscines) ;
- XA1, XA2 ou XA3 pour de l’attaque chimique?: fondations, bâtiments à usage agricole…
- Gel faible ou modéré :
- XF1 : sans agent de déverglaçage
- XF2 : avec agent de déverglaçage
- Gel sévère :
- XF3 : sans agent de déverglaçage
- XF4 : avec agent de déverglaçage
Les zones de gel modéré à gel sévère peuvent varier en fonction de l’altitude (Norme FD P18-326 – Béton – Zones de gel en France).
Ajout d'eau : non merci
La formulation étant optimisée par la centrale de béton, tout ajout d’eau fait perdre de la résistance au béton. Si l’utilisateur souhaite une consistance fluide, il doit le préciser à son bétonnier et surtout ne pas ajouter d’eau dans son béton.
Vous avez dit BAP ?
Dans la famille des bétons fluides, il y a les bétons auto-plaçants (BAP) horizontaux ou verticaux, qui se mettent en place tout seuls sans le recours à la vibration et pour des résistances équivalentes à des bétons classiques. En revanche, le coût de ces bétons est plus élevé !
Ces bétons sont fréquemment préconisés par les architectes, car ils permettent d’obtenir des parements bruts de décoffrage avec des modénatures complexes. Néanmoins, les BAP peuvent rendre d’incontournables services à l’utilisateur, notamment pour les dallages.
Attention à ne pas oublier dans ce cas de figure l’application d’un produit de cure.
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