Une étude dans le cadre de RAGE 2012

Dans le cadre du programme RAGE 2012, la CDPEA* a mené une étude pour tenter de savoir s’il était raisonnable de penser que les caméras de thermographie infra-rouge pouvaient, de manière efficace, devenir un outil d’auto-contrôle de la qualité de mise en œuvre sur chantier pour les entreprises du Bâtiment.
La réponse à cette interrogation n’est pas si simple à donner car un nombre non négligeable de paramètres doivent être pris en considération pour, tout d’abord, réaliser un bon thermogramme puis, ensuite, savoir l’interpréter justement, selon les conditions dans lesquelles ce dernier a été réalisé.
C’est d’ailleurs ce que rappelle notamment la fiche résumé de l’étude, disponible gratuitement sur le site Internet du programme RAGE 2012.
Préconisations données
Tout au long de la dizaine de pages que comprend la fiche résumé, la CDPEA donne les principales recommandations qu’il est préférable de suivre pour une bonne utilisation de la technique de la thermographie infra-rouge, et notamment :
- Pour commencer, toute personne utilisant une caméra de thermographie infra-rouge doit être obligatoirement accompagnée dès sa prise en main. Le meilleur accompagnement se matérialise par une formation adaptée, en contenu et en durée, à l’utilisation envisagée de la caméra ;
- Plusieurs conditions doivent être réunies pour que le défaut d’isolation thermique puisse être révélé, à savoir :
- avoir une idée de l’inertie thermique des matériaux de construction constitutifs de la paroi examinée, de manière à pouvoir bien interpréter le défaut observé ;
- instaurer un différentiel de température suffisant de part et d’autres de la zone contrôlée, afin de pouvoir mettre en évidence le transfert de chaleur qui se produit à l’endroit du défaut. C’est ainsi qu’il est préférable d’utiliser la thermographie infra-rouge en saison froide. Les sources de chaleur, tel le rayonnement direct du soleil, doivent être également évitées car elles pourraient fausser les interprétations. Il en est de même pour la présence de foyers (type cheminées, téléviseurs, etc.), même éteints. Enfin, les images obtenues seront mieux maîtrisées si elles sont réalisées lors d’inspections faites par l’intérieur du bâtiment (car absence de rayonnements éventuels provenant de bâtiments à proximité par exemple), avec des conditions extérieures contrôlées (par exemple, par temps couvert ou en fin de journée) ;
- choisir une résolution thermique (également appelée NETD) de la caméra compatible avec les défauts à mettre en évidence dans le domaine de la construction. Les experts de la thermographie infra-rouge conseillent une résolution maximale de 0,1°C pour le bâtiment, adaptée pour l’observation de gradients de température de l’ordre de 15°C ;
- privilégier une résolution spatiale de 320 x 240, le minimum acceptable pour le bâtiment étant 160 x 120.
L’offre actuelle
A l’heure actuelle, les caméras de thermographie infra-rouge disponibles sur le marché peuvent répondre au besoin de résolution thermique de 0,1°C, même en entrée de gamme.
Cette résolution permet de mettre en évidence des défauts thermiques pour des écarts de températures de l’ordre de 15°C. Toutefois, elles ne permettent pas forcément de déterminer avec précision les grandeurs thermiques relevées dans le domaine du Bâtiment, par manque de répétabilité satisfaisante.
Il est préférable d’opter pour une caméra qui permet de fusionner l’image visible et l’image thermique. L’offre de prix se situe entre 1 000 et 40 000 euros selon les caractéristiques de la caméra choisies.
Des mesures normées
En ce qui concerne les mesures, nous avons vu qu’elles doivent être réalisées par une personne compétente et ayant reçu les enseignements suffisants à la bonne réalisation de thermogrammes.
Cet expert devra ensuite rédiger un rapport thermographique, conforme à la norme NF EN 13187, c’est-à-dire préciser les 19 points donnés dans le chapitre 7 et notamment :
- la description rapide de la construction avec le type de matériaux utilisés en surface pour la structure ;
- la description de l’essai ;
- l’orientation du bâtiment.
L’ensemble des 19 points est demandé lors de la réalisation d’essais destinés à contrôler les performances globales des bâtiments neufs ou après reconstruction d’un bâtiment.
Dans le cas d’audits sur chantiers de reconstruction, de contrôles de production ou d’autres contrôles de routine, le rapport pourra être simplifié (au même titre que l’essai) et ainsi ne contenir que 11 des 19 points.
* Construction Durable Performance Energétique en Aquitaine : il s’agit d’une association créée en 2006 par la Chambre de Commerce et d’Industrie de Bordeaux. Elle a pour rôle de créer et d’animer un centre régional d’accompagnement et de ressources dédié à la performance énergétique du bâti, qu’il soit neuf ou à rénover, à destination des acteurs de l’acte de construire.