Solution n° 2 : L'isolation par l'extérieur (suite)
Cas 2 : Les vêtures
Notons que certains systèmes utilisent également de la laine de roche de forte densité (90 à 150 kg/m²) ou encore du polystyrène extrudé ou du polyuréthane. Le parement peut être métallique (acier ou aluminium), minéral (agrégats naturels, terre cuite…), composite (mortier de ciment et fibre de verre, composite polyester…) ce qui offre un large panel d’aspects : pierre, veiné, lisse, sablé, granuleux…

♦ La mise en oeuvre de ces vêtures (sous Avis technique) s’effectue mécaniquement, directement sur le mur ou la structure porteuse (en principe sans ossature intermédiaire étant donné qu’il n’est pas obligatoire de ménager une lame d’air contrairement à un bardage rapporté) au moyen de fixations traversantes (vis ou chevilles en fond de joint ensuite cachée par un mortier de jointoiement), de pattes ou de profilés, totalement invisibles. Un système simple et rapide qui autorise une grande liberté dans la conception de la façade : pose verticale ou horizontale ; joints verticaux creux ou serrés (pose bord à bord ou par emboîtement), filants ou décalés… La diversité des dimensions, des joints, des couleurs et des finitions offrent aux concepteurs une totale liberté pour imaginer une multitude de solutions architecturales adaptées au caractère individuel de chaque bâtiment.
AVANTAGE : grande variété des matériaux pour de multiples aspects de façade ; possibilité de rajouter, au préalable, une isolation supplémentaire collée et fixé mécaniquement sur la façade ; facilité de remplacement des éléments.
INCONVÉNIENT : demande un calepinage précis de la façade.
Cas 3 : Les bardages rapportés
Ce système se compose d’une peau extérieure portée par une ossature secondaire sur laquelle peuvent être fixés des liteaux ou des lisses.
En bois (chevrons) ou en métal (profilés), cette ossature secondaire est fixée sur le mur de façade par des vis traversantes ou par des pattes métalliques chevillées. Un isolant thermique peut donc être intercalé dans le vide ainsi réservé entre la façade et les éléments constitutifs de la peau. Il est posé entre les chevrons ou les profilés de l’ossature secondaire ou, plus classiquement, derrière ces derniers. Mais, quelle que que soit la configuration de pose, il est indispensable de ménager une lame d’air d’au moins 2 cm entre cet isolant et le revêtement rapporté pour permettre la circulation de l’air en rive haute et basse. Par contre, il ne doit en aucun cas subsister un espace d’air entre l’isolant et le mur de façade.
♦ Les produits couramment utilisés en isolant sont des panneaux rigides ou semi-rigides de laine minérale (sans pare-vapeur, hydrophile, classé M0) ou des plaques rigides classées M1 en PSE, en polystyrène extrudé, en polyuréthane. Ils doivent tous posséder des propriétés équivalentes au classement minimal ISOLE* (I1 S1 O2 L2 E1) et être posés de manière jointive afin de limiter les ponts thermiques.
♦ Pour obtenir une isolation renforcée, il est également possible de poser deux couches d’isolants (la première derrière les chevrons, la seconde entre chevrons) dont les joints respectifs seront alors décalés. Les systèmes de bardages rapportés sont considérés soit comme traditionnels et, de fait, soumis à un DTU (bardage constitué de petits éléments, clins en bois, revêtements en zinc ou en aluminium laqué, tuiles ou ardoises, carreaux de céramiques) soit comme non traditionnels et relevant alors d’un Avis technique (éléments rainurés ou agrafés, à fixations invisibles…).
* I1 à I5 pour les propriétés mécaniques en compression, S1 à S5, pour le comportement aux mouvements différentiels, O1 à O3 pour le comportement à l’eau, L1 à L4 pour les propriétés mécaniques en cohésion et en flexion, E1 à E5 pour la perméance à la vapeur d’eau.
AVANTAGES : peut se mettre en oeuvre même sur des façades présentant des défauts de planéité ou de verticalité ; conjugue rôle esthétique et fonctionnel ; grand choix de matériaux.
INCONVÉNIENTS : le traitement des points singuliers est spécifique.
