Existant depuis bientôt 150 ans, le linoléum a été remis au goût du jour, dans les intérieurs des particuliers comme dans les ERP, depuis une quinzaine d’années. Souvent confondu avec les revêtements de sol en PVC, ce produit naturel est à la fois plus rigide et cassant, ce qui demande des précautions particulières dans sa manipulation et sa mise en œuvre.
Teint dans la masse, le linoléum présente une pigmentation hétérogène caractéristique “flammage” qui charme d’autant plus que le produit s’est “modernisé”, en subissant en usine un traitement de surface qui limite son entretien en évitant la mise en cire traditionnelle.
La technique du trusquinage
La mise en œuvre “de base”, telle que démontrée ici par Ronaldo Sinibaldi, technicien formateur du centre de formation du fabricant Tarkett, à Bezons (95), n’est ni plus technique ni plus longue que celle d’un revêtement PVC: « Sa spécificité est de faire appel à la technique du trusquinage, qui permet d’éviter de casser les bords du linoléum aux abords des obstacles. L’autre caractéristique de pose est le thermocollage par soudure thermique, réalisée avec un cordon rond en PVC, de diamètre 4 mm, fondu et arasé.»
L’un des avantages du linoléum est sa pose à frais dans la colle acrylique.
Les rayures de ce produit “noble” se réparent avec un mélange de cire à bois et de poudre obtenue en grattant du linoléum de même couleur.
Evitez les pièces humides
Ce revêtement n’est pas conseillé dans les pièces humides, les remontées en plinthe étant difficiles à réaliser de par la nature cassante du produit. Des plinthes préformées sont cependant commercialisées, qui permettent d’obtenir une remontée en plinthe en effectuant une soudure avant l’angle du mur.
Outre la pose de base en revêtement de sol, le linoléum, disponible en une large gamme de nuances, se prête bien aux incrustations décor, dont la réalisation fait d’ailleurs partie intégrante de la formation.
Les rouleaux de linoléum sont stockés debout, excepté ceux dont la largeur excède 2 m (attention, un rouleau jeté au sol peut casser). Il est, par ailleurs, important de respecter les numéros de bain des rouleaux et, autant que possible, les numéros de rouleaux afin d’obtenir un rendu de couleur harmonieux.
Les lés, débités 24 h à l’avance, sont entreposés à plat pour permettre à la toile de jute de se détendre. Ils ne peuvent être posés en-deçà de 12?°C. Le linoléum est un produit “vivant” qui se rétracte au contact de l’humidité de la colle, d’environ 1 mm pour 2 m linéaires. Il est souhaitable d’en tenir compte pour des lés de plus de 4 ou 5m de long.
![]() |
![]() |
|
|
1 - 48 heures au moins après un ragréage, épais d’au minimum 3 mm, le sol est poncé et nettoyé. La pièce de linoléum est découpée et le sens du lé est indiqué sur l’envers. Les lés sont posés dans le même sens pour respecter le “flammage” (effet de traînées dans la pigmentation apparaissant à la fabrication de la feuille de lino, lorsque la pâte est “calandrée”, comprimée par des rouleaux). |
2 - Le bord industriel est égalisé au coupe-bord et servira de référence (zone de soudure avec le lé suivant). |
|
![]() |
![]() |
|
|
3 - En poussant l’extrémité du lé dans le sens contraire de son pliage en rouleau, la toile de jute, détendue, “craque”. |
4 - Le repérage au crayon sur un mur de référence et le sol permettra de repositionner exactement le lé après trusquinage. |
Source : batirama.com / E. Jeanson



