Pour la 5e édition des Trophées de l’Apprenti, le jury a examiné un très grand nombre de témoignages envoyés par des apprentis et jeunes en contrat de professionnalisation dans tous les corps de métiers du BTP.
Ces témoignages sont notés en fonction des critères suivants : l’implication et la motivation du jeune dans son parcours professionnel ainsi que la pertinence de l’expérience décrite que ce soit dans le domaine technique, commercial ou de la sécurité.
Le jury a aussi pris en compte la reconnaissance exprimée par le jeune envers l’entreprise ou le CFA qui le forment… Six prix ont été décernés au cours de la soirée pour récompenser quatre jeunes hommes et deux jeunes femmes.
Le 1er Prix a été attribué à Mathieu le Morzedec, apprenti plombier chez les Compagnons du devoir ainsi que son maître d’apprentissage qui remportent respectivement un Ipad et un ordinateur portable. Les cinq autres jeunes primés ont tous gagné des lecteurs MP3 de la dernière génération !
Premier prix - Mathieu le Morzedec
Patrice Richard, président du directoire du groupe Point.P a remis le premier prix à Matthieu le Morzedec, entourés de deux formateurs des Compagnons du devoir : Anne-Sophie Demai et Thomas Guinet.
Son témoignage :
« Fier d’être un colleur de tuyaux ». Première rencontre avec le professionnel que l’on surnomme d’une manière moqueuse dans le bâtiment “le colleur de tuyaux”. Les premières découvertes du jeune apprenti avec la boîte à outils mais également la découverte des premières fuites synonymes d’urgence et de stress pour les non-initiés, font partie d’un rythme initiatique pour le futur plombier.
Le métier de plombier m’était encore inconnu, beaucoup de héros de mes séries télévisées préférées étaient des médecins, des policiers, des experts mais aucun signe de vie de ces professionnels de l’extrême.
Pourtant la rigueur apportée par mon tuteur dans ces tâches de façonnage, de cintrage, dans la qualité de ces emboîtures et de ces soudures sur les tuyaux de cuivre destinés aux canalisations de gaz m’amène à reconsidérer cet homme de métier. Le plombier n’est plus un technicien, il est un véritable chirurgien alliant dextérité et concentration sur des canalisations dangereuses.
Avec mon assistance, mon tuteur désosse, ausculte et étudie le fonctionnement et la bonne régulation du cœur de nos maisons, la chaudière.
« Une chaudière c’est sensible, elle ne tolère aucun point haut, aucune bulle d’air et aucune mauvaise orientation dans l’évacuation de ces fumées ! » m’explique mon mentor.
Cet homme m’impressionne, ce calculateur hors normes ne laisse aucune place au hasard, chaque détail doit avoir été prévu et mesuré si bien que positionner une tuyauterie me semble être une véritable épreuve, il ne faut pas empiéter sur les espaces réservés aux plinthes électriques, nos tuyauteries doivent être dissimulées, à l’abri des regards et de tous les déplacements humains quotidiens.
Quel dommage pour une matière si belle et précieuse que le cuivre ! L’écrivain a sa plume, le maçon a son niveau, le plombier possède son chalumeau. Cet outil fait rougir le métal, la simple brasure s’apparente à une opération culinaire : « Fais rougir le cuivre comme une cerise, à cette couleur précise, coule ta baguette de brasure pour assurer une pénétration optimale », me répète mon maître d’apprentissage avec insistance.
Le tuteur est colérique, lunatique et quelquefois exigeant par rapport au travail effectué mais avec l’objectif de me permettre d’acquérir des compétences utiles dans l’avenir qui seront l’héritage d’un homme de métier mais aussi le signe d’une retransmission réussie !
