Qui dit Nest, dit thermostat intelligent connecté (Nest Learning Thermostat), détecteur de fumée et de monoxyde de carbone (Nest Protect) sans oublier son programme de collaboration proposé à de grandes marques d'équipements de la maison.
Cette marque représente une rupture technologique formidable, applicable pour l'instant seulement aux vieilles chaudières et pompes à chaleur. Mais un vrai gisement de marché aujourd’hui. Alors, un peu d’histoire.
Début 2014 Google rachète Nest, une petite entreprise de 700 personnes, fabricant de thermostats d'ambiance intelligents, pour la somme faramineuse de 3,2 milliards de dollars. Pourquoi une telle somme d’argent, car en calculant bien, 3,2 milliards dépensés correspondent à peu près à 3000 $ par thermostat installé ?
La maison intelligente et connectée

Ce qui intéresse Google, ce n'est pas la base de clients équipés, mais le concept développé par Nest : il s’agit d'objets connectés à internet, auto-programmables, grâce à leurs facultés logicielles d'auto-apprentissage du comportement et des attentes en matière de confort des occupants d'une maison ou d'un appartement.
Une technologie qui confère une formidable puissance d'offres de services grâce au croisement de cet auto-apprentissage avec des données extérieures, comme la météo et les prévision météorologiques du site où le thermostat est installé.
Concrètement, le Nest Learning Thermostat est connecté par WiFi à la box internet de la maison. Au moins une fois par jour, il envoie des informations aux serveurs Nest sur les habitudes et les souhaits des occupants de la maison, ainsi que sur la maison elle-même.
Récupération de données
Il récolte ces données d'une part grâce à ses sondes embarquées : détection de présence, température ambiante, hygrométrie. Il enregistre d'autre part les souhaits de occupants qui programment une température X pour le matin, Y pour le soir, etc.
En croisant tout cela avec les données météo extérieures, notamment, les serveurs Nest sont capables de prédire le comportement de la maison. Ce matin à 7 heures, il fera telle température, avec un vent du Nord à telle vitesse, mais un fort ensoleillement.
Par ailleurs, les habitants ont programmé telle température pour 7 heures, ce qui suppose de démarrer le chauffage tant d'heures ou de minutes avant, mais pas plus, pour atteindre le confort souhaité au bon moment.
Grâce à sa détection de présence et à son apprentissage des comportements, le thermostat décide tout seul d'une réduction de température de nuit et durant les heures d'inoccupation, jour par jour. Et, en termes d'économies d'énergie, ça marche parfaitement.
Nest a publié un Livre Blanc qui donne des exemples de simulations pour des logements français : 30% d'économie d'énergie annuelle pour une maison isolée de 125 m² à Lille, 28% pour une maison accolée de 106 m² à Lyon, 29% pour un appartement parisien de 72 m²…
Des possibilités de commande très limitées
Le Nest Learning Thermostat offre cependant des possibilités de commande très, très limitées. Il sait piloter en tout ou rien (allumer ou éteindre) des chaudières gaz ou fioul et des pompes à chaleur. Cela convient parfaitement pour une grande partie du parc de chaudières et de pompes à chaleur installées en France.
Mais le fabricantne sait pas tirer partie de l'inverter sur les pompes à chaleur et les climatiseurs, ni de la puissance variable des brûleurs et des pompes à vitesse variable que l'on trouve sur les chaudières actuelles. Il ne pilote pas non-plus le chauffage par convecteurs ou radiateurs électriques, ni les chaudières bois. Il ne s'intéresse pas davantage à la production d'eau chaude.
Bref, pour l'instant, il sait piloter les vieux générateurs gaz et fioul, ainsi que les vieilles pompes à chaleur. Piloter en tout ou rien une chaudière à condensation à puissance variable et brûleur à prémélange signifie que l'on ne tire pas partie de ses possibilités de condensation.