Perriers-la-Campagne : cette petite bourgade de l’Eure nichée dans la vallée de la Risle abrite un trésor de savoir-faire : les Ateliers Desmonts, spécialisés en charpentes traditionnelles, comptent une dizaine de salariés et un atelier de fabrication de 500 m² qui a dû être agrandi spécialement.
Charpentiers sans Frontière
Au plus fort de la fabrication, une trentaine de charpentiers venus de tous horizons auront participé à cette fabrication hors-norme, dans le cadre de Charpentiers Sans Frontière, association créée par François Calame.
Ils auront tracé les épures, effectué le lignage, le piquage, la taille et le pré-assemblage des bois en atelier, puis réassemblé sur site.
Le montage à blanc est une étape nécessaire pour s’assurer de la qualité de l’ouvrage des charpentiers. Il permet de vérifier la bonne exécution des assemblages avant le montage au-dessus des voûtes de la cathédrale, qui interviendra dans les tout prochains mois.
Le montage de l’ensemble de la charpente de la nef (longue de 35 m, large de 14 m et haute de 10 m) dans la cathédrale sera achevé en début d’année 2024.
La charpente médiévale, tout un art

L'Equarissage des grumes © EJH
Cet art de la charpente, à partir de bois vert, naît en France fin 12ème et début 13ème siècle avec la construction de Notre-Dame-de-Paris. Un relevé réalisé il y a une dizaine d’années a permis de reconstituer avec précision les détails des différentes charpentes. 400 assemblages ont été calculés par le bureau d’études des Ateliers Perrault avant de passer à la fabrication des 57 fermes (principales et secondaires) formant 11 travées.
Les étapes, visible sur notre vidéo, sont les suivantes :
- 1200 grumes ont été sélectionnées avec soin dans les forêts françaises. De chevrons de 12 m de long en 18 x 18 cm en seront extraits.
- L’équarrissage des grumes est d’abord réalisé à l’aide de haches de dégrossi, par les charpentières et charpentiers.
- Puis la poutre est affinée à la doloire pour obtenir des faces “propres”.
- Une épure (plan à l’échelle 1/1) est dessinée au sol, pour positionner les pièces de bois à assembler.
- Ces pièces sont taillées à mesure.
- Un chef d’orchestre guide les opérations de levage, délicates.
- Un ensemble de câbles, poulies et chèvres de soutien permet d'effectuer le levage
- Il s’agit de tirer symétriquement sur les câbles, sans à-coups afin de ne pas voiler la charpente.
- Mission accomplie : la ferme est calée presqu’à l’aplomb de la ferme précédemment levée ; un léger dévers permet de lever ensuite 4 chevrons-fermes et de poser la lierne haute.
Pour plus d'informations, vous pouvez lire notre dossier : Notre-Dame-de-Paris, la renaissance d'une icône, partie 1/2 et partie 2/2.
Source : batirama.com / Emmanuelle Jeanson