Cas n° 1 : Les ouvrages en béton et les interfaces
Les tolérances de planéité sont essentielles et rassemblées dans les deux tableaux 1 et 2 ci-après :
| LES MURS ET LES POTEAUX | ||
| Parements | Planéïté à la règle de 2 m | Planéïté locale rapportée à un réglet de 0,20 m |
Elémentaire |
Pas de spécification particulière | |
Ordinaire |
15 mm | 6 mm |
Courant |
7 mm | 2 mm |
En l’absence de toute indication des Documents Particuliers du Marché (DPM), les parements ordinaires sont retenus... En revanche, le parement courant correspond, quant à lui, à des ouvrages susceptibles de recevoir des finitions classiques de papiers peints ou de peintures moyennant un rebouchage préalable et l’application d’un enduit garnissant.
Attention, sauf indication contraire des DPM, ces travaux de rebouchage et enduit garnissant ne sont pas à la charge du maçon ! Pour terminer, le parement soigné est réservé aux parements extérieurs des ouvrages exposés à la pluie et lorsqu’il est destiné à rester brut, ou à être revêtu d’une peinture ou d’un carrelage collé.
| LES DALLES ET LES DALLAGES | ||
| Etat de surface | Planéïté à la règle de 2 m | Planéïté locale rapportée à un réglet de 0,20 m |
Brut de règle |
15 mm | Pas de spécification |
Surface |
10 mm | 3 mm |
Elco Coffrant |
7 mm | 2 mm |
Par défaut, l’état de surface « surfacé » est retenu. Toutefois, dans le cas où les DPM précisent que le support est destiné à recevoir un revêtement de sol collé ou une sous-couche isolante ou encore un revêtement de sol en pose scellée désolidarisé, les tolérances de planéité correspondent à un état de surface lissé.
La qualité d’un support béton ne se résume pas seulement aux exigences de planéité. En effet, les caractéristiques de son épiderme, en terme de bullage, de défauts localisés ou de teinte sont fondamentales pour les bétons non recouverts, la norme "P18-503 – Surfaces et parements de béton" permet de s’accorder sur l’aspect final de l’ouvrage en béton.

Le béton est un matériau intrinsèquement fissurable !
La planimétrie, le bullage, la teinte sont normalisés, mais ce n’est pas le cas de la fissuration. Dire qu’il est normal que le béton soit fissuré est excessif et difficile à justifier, mais alors pour quelles raisons lui associer des armatures, si ce n’est pour limiter la fissuration !Le phénomène est complexe, en témoignent deux textes importants :
- Le BAEL (Béton Armé Etats limites) précise que les fissures de largeur excessive peuvent compromettre l’aspect des parements, l’étanchéité des parois, la tenue des armatures vis-à-vis de la corrosion et qu’il n’est pas possible de fixer a priori une largeur de fissure à respecter, vu la très grande variabilité du phénomène.
- Le DTU 13.3 – Dallages, précise, quant à lui, que la fissuration du béton, armé ou non, étant un phénomène inhérent à la nature du matériau, il vise à limiter la densité et l’ouverture des fissures, sans prétendre éviter leur formation !
Gaines et fourreaux : pas d'excès !
Concernant les incorporations, de nombreux sinistres dans les dalles ou les murs ont pour origine l’excès de gaines ou de fourreaux. Sont ici visés les plombiers, les électriciens… Rappelons que dans le DTU 21 et concernant les incorporations, un certain nombre de spécifications s’appliquent à tous les corps d’état et dont nous rappelons brièvement les quatre principales exigences :
- Etre situées entre les nappes d’armature, (lorsqu’elles existent), de chacune des deux faces.
- Permettre un enrobage par le béton au moins égal au diamètre de la plus grosse gaine, avec un minimum de 4 cm.
- Présenter, sauf localement, une distance horizontale entre elles au moins égale à leur diamètre, avec un minimum de 4 cm.
- Au droit des croisements ou empilages localisés, ne pas occuper plus de la demi épaisseur et permettre un bétonnage correct des zones de concentration ponctuelle de gaines au voisinage des raccordements dans les boîtiers.