Pour atteindre l’objectif de 50?kwh/m²/an en 2050, un vaste de plan de formation à destination des artisans du bâtiment doit être engagé.
Explications de Jean-Marie Carton.
Dans un premier temps, le développement durable dans l’existant va passer par une réorganisation de la profession avec la mise en place d’un réseau d’offre global. Les divers corps d’état vont devoir se décloisonner et se mutualiser afin de pouvoir partager leurs compétences, leurs habilitations voire leurs assurances pour travailler en réseau pluri-professionnel. Chaque professionnel restera responsable de son lot mais devra également être capable de repérer les besoins du client, d’effectuer une évaluation afin de le conseiller même hors de son domaine de compétence pour pouvoir au final lui proposer une solution de travaux complète avant éventuellement de passer le relais à ses collègues des autres corps d’état pour effectuer les travaux n’entrant pas dans son lot. Les différents métiers du bâtiment ne vont pas avoir d’autres solutions que d’ « être bons ensemble ». Les artisans devront, outre la formation propre à leur spécificité, suivre une formation plus globale et tournée vers l’efficience thermique afin d’être en mesure de proposer toutes les techniques d’énergies renouvelables qui existent déjà. Bien entendu, cette réorganisation ne peut se faire sans la mise en place de modules de formation. La Capeb, comme la FFB, a donc mis en place, sous l’égide de l’ATEE (Association Technique Energie Environnement), des opérations de formation financées par les principaux fournisseurs d’énergie en contrepartie de CEE, Certificats d’économie d’énergie. Un autre objectif est de donner aux professionnels, des outils d’accompagnement pour leur permettre d’évaluer les besoins du bâtiment à rénover et ainsi mieux convaincre le client. Ces outils se présentent sous la forme de logiciels (CAP Energy ou Cube) qui, sur la base d’un descriptif précis, vont permettre de choisir les travaux à réaliser en priorité et les matériaux à mettre en œuvre en tenant compte notamment du mode de vie des habitants (1). Enfin, dernière nouveauté, depuis le 4 avril dernier, la Capeb propose à ses adhérents un label “Eco Artisan”, une marque de qualité qui identifie un conseiller indépendant en efficacité énergétique et thermique.
* Président de l’Una CPC, Union nationale artisanale couverture plomberie chauffage de la Capeb
(1) L’association Promodul offre également aux professionnels le logiciel “Boîtes à outils”.De son côté, la FFB propose aussi un logiciel élaboré par le Costic.À noter que l’utilisation de ces outils multimétiers, comme pour ceux proposés par la Capeb, suppose une formation préalable dispensée par chacun des organismes concernés.
Lexique
• BATIMENT A ENERGIE POSITIVE (BEPOS) Il s’agit d’un bâtiment qui produit plus d’énergie qu’il ne consomme?: il utilise des énergies renouvelables pour le chauffage, l’ECS et l’électricité et l’énergie produite peut être revendue.
• BATIMENT BASSE CONSOMMATION ENERGETIQUE La consommation d’énergie, pour le chauffage, le refroidissement, la production d’ECS, éclairages, auxiliaires (sauf électricité locale) doit être inférieure à 50 kWh/m2/an (à moduler selon les zones climatiques). Cela correspond au niveau A de l’étiquette du DPE.
• LE NIVEAU TPH ENR suppose un gain de consommation d’énergie de 30?% par rapport à la consommation d’énergie conventionnelle et le recours aux énergies renouvelables
• LABEL THPE (très haute performance énergétique). Il impose une consommation inférieure d’au moins 20?% à la consommation de référence. La consommation d’énergie pour le chauffage, le refroidissement et la production d’ECS doit être inférieure d’au moins 20?% au coefficient maximal.
• LABEL HPE Ce label Haute performance énergétique, réglementé mais non obligatoire, suppose une consommation conventionnelle d’énergie inférieure d’au moins 10 % à la consommation définie par la RT 2005
• RT 2005
La Réglementation thermique 2005, applicable à tous les permis de construire déposés depuis le 1er septembre 2006, doit permettre de réduire la facture énergétique d’au moins 15 % par rapport au type de maison construire selon la RT 2000. La recherche de performance à atteindre porte à la fois sur la conception bioclimatique sur le bâti et sur les équipements techniques.
