Cette réglementation vous paraît-elle adaptée aux enjeux ?
« Elle sera amenée à évoluer vers plus de performance.Les conclusions du “Grenelle de l’environnement” fixent des objectifs volontaristes : réduire la consommation du parc ancien de 12 % en 2012 et de 38 % à l’horizon 2020 pour atteindre une consommation énergétique de 150 kWh/an/m2. Au vu de ces objectifs, certains la perçoivent comme insuffisante. En matière d’isolation des parois opaques par exemple, le Collectif Isolons la terre contre le CO2 (association regroupant des industriels du vitrage, de l’isolation et de la ventilation) aurait souhaité que les niveaux de performance fixés aillent plus loin. Puisque l’isolation des murs se fait pour une durée à long terme, autant poser un isolant performant dont le surcoût limité permettra un temps de retour sur investissement plus court. Sur d’autres composants, soulignons que cette réglementation s’avère plus exigeante. Pour les chaudières, le niveau de performance requis est au moins équivalent à celui des chaudières basse température.
La Réglementation s’applique élément par élément, n’est-ce pas dommage ?
On peut regretter que pour les bâtiments de moins de 1 000 m2, il ne soit pas exigé de performance énergétique globale : il n’est pas optimal d’intervenir sur un équipement avant d’intervenir sur le bâti lui-même. La DGUHC (2) nous explique que l’important dans un premier temps était de ne pas décourager les rénovations partielles mieux adaptées aux moyens financiers des ménages. Pour mettre à niveau un logement existant, les estimations de coût se situent entre 170 à 400 €/m2 selon l’éventail des travaux à réaliser et les technologies utilisées. Cela va représenter d’ici 2050, date butoir pour répondre à l’objectif “facteur 4” à un quasi doublement de leur investissement (15 à 30 000 € par ménage) ! Évidemment, cet investissement sera contrebalancé par des économies d’exploitation.
Quelle est la principale limite de cette réglementation ?
La principale limite concerne l’absence de mesure contraignante : la RT Existant ne rend obligatoire aucun travaux et ne s’applique que si un propriétaire ou un locataire désire entamer la rénovation de son logement ou d’un de ses équipements. Cependant, l’essentiel a été fait : amorcer le mouvement afin que tous les professionnels adoptent de nouveaux comportements et de nouveaux modes constructifs qui devraient conduire à la disparition des produits ou équipements techniques obsolètes en termes de performance énergétique. »
(1) Président du Club de l’Amélioration de l’Habitat
(2) Direction générale de l’urbanisme, de l’habitat et de la construction