En 2011, le m3 d’eau devrait en moyenne coûter 5 € en France : la récupération de l’eau de pluie est donc bien un marché d’avenir. Le principe est simple : le toit de l’habitation sert généralement de surface de récupération. Ensuite, l’eau est dirigée vers le collecteur de gouttière, qui l’achemine, via une descente d’eau pluviale à un réservoir, permettant de récupérer 80 à 90 % de l’eau d’une averse.
Puis, l’eau est filtrée par une grille amovible ainsi que par des filtres bactériens. Après la collecte, l’eau est stockée dans une cuve. Une pompe permet l’alimentation de l’installation en eau de pluie récupérée jusqu’au robinet. Lorsque la cuve est pleine, l’eau est redirigée vers le réseau d’eaux pluviales via le trop plein.
En revanche, lorsque l’eau de pluie n’est plus disponible, l’alimentation en eau de réseau se fait automatiquement grâce à un système anti-retour. Mais attention, les deux canalisations eau de pluie et eau de réseau doivent être bien distinctes. A titre d’exemple, pour satisfaire les besoins des WC d’une habitation, il faut environ 20 à 25 m² de toiture par personne.
Les critères de choix d’une cuve sont de trois ordres : son matériau, son volume et son installation : hors sol ou enterrée dans le jardin ou située à l’intérieur de la maison.
AVIS D'EXPERT
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Valery Jimonet Syndicat national des acteurs de la récupération d'eau pluviale (SNAREP) |
« A chacun son eau de pluie »
« En matière de récupération des eaux pluviales, le plus gros risque est l’interconnection entre les deux réseaux d’eau de pluie et d’eau potable. La norme EN 1717 dit que la seule façon d’éviter le mélange est de la réaliser par surverse et non pas clapet.
Par ailleurs, un normatif est en cours, émanant du GE3 Eaux de Pluie, qui sera validée en juin 2010 et va consolider les arrêtés ministériels actuels et sans doute donner lieu à un nouvel arrêté. Attention également à la filtration : une grille ou un panier allant jusqu’à 100 microns en amont.
Ensuite il faut pomper l’eau sur toute la hauteur et non en partie basse grâce à des crépines d’aspiration. Ensuite un refiltrage à 25 microns est nécessaire, suivi d’un deuxième filtre à charbon actif.
Enfin, dans le cadre de l’arrêté concernant l’utilisation du lave-linge, il est bon de mettre une lampe UVC de 11 W avant la machine à laver. Ensuite, il est également possible de faire appel à de la micro- ou de la nano-filtration ou encore à l’osmose inverse.
Il est très étonnant que l’on restreigne encore aujourd’hui la capacité d’usage de cette eau récupérée car on dispose vraiment de tous les moyens de potabiliser l’eau de pluie. C’est un verrou imposé par la DASS qu’il faudra bien faire sauter ! »
