La loi du 11 février 2005 oblige à mieux prendre en compte toutes les populations touchées par le handicap. Qu’il soit physique, sensoriel, cognitif, mental ou psychique, tous les bâtiments doivent permettre l’accessibilité.
Et le marché est considérable : il est estimé à 25 milliards d’euros HT pour réhabiliter plus de 650 000 ERP d’ici au 1er janvier 2015 et à 1?milliard d’euros HT pour les travaux de mise en conformité des logements collectifs existants et les aménagements volontaires de maisons individuelles.
Un enjeu sociétal tout aussi important que la performance énergétique. Conséquence : l’année 2011 a vu l’avènement de deux marques, ouvertes à toutes les entreprises du bâtiment, afin qu’elles puissent aborder ce marché de l’accessibilité.
Deux marques pour mettre en œuvre l’accessibilité
Initiée par la Capeb, la marque Handibat s’adresse à tout professionnel qui s’engage à respecter un règlement d’usage et une charte d’engagements. Handibat Développement – structure dédiée qui la gère et la développe – attribue et renouvelle son droit d’usage, et la retire en cas de non respect de engagements.
Elle en assure aussi la promotion sur tout le territoire. Handibat associe au sein d’une commission départementale, des partenaires locaux qui instruisent et émettent un avis sur toutes les candidatures de professionnels.
Autre marque à destination des professionnels : Pros de l’accessibilité, délivrée par et sous l’égide de la FFB. Trois critères d’obtention sont nécessaires : signer la charte Bâtir avec l’environnement, détenir une qualification métier éligible (Qualibat ou Qualifélec), et apporter la preuve d’un savoir-faire en accessibilité en fournissant soit une attestation de formation suivie par un responsable technique, soit une liste de trois chantiers minimum, réalisés dans les trois dernières années.
Sachant que l’entreprise, qualifiée 9171 – Travaux d’accessibilité de logements, est de fait titulaire du dernier critère d’obtention de la marque. Deux possibilités de formation à ne pas négliger. Même si les travaux d’accessibilité ne représentent pas de difficultés particulières, ils demandent une approche nouvelle pour une offre globale.
AVIS D'EXPERT
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Ida Adamo président Avenir Handicap et co-fondateur de Lib’Accès. |
Confort et sécurité
« Il faut suivre une formation spécifique. Dans le cadre de notre entreprise nous avons acquis des connaissances en ergothérapie. Nous sommes aussi Pros de l’accessibilité afin d’être visible sur ce marché, et tous nos collaborateurs ont été formés au handicap car on ne s’adresse pas à cette clientèle comme à des personnes valides.
Répondre à un besoin par rapport à l’accessibilité ne s’invente pas. Il faut savoir reconnaître de quel type de handicap il s’agit. Il faut apporter une réponse globale à nos clients: un seul interlocuteur du début du projet jusqu’à la fin.
Lorsqu’un client nous appelle – le plus souvent pour une salle de bains ou pour faciliter la circulation chez lui – nous nous rendons à son domicile et réalisons une préconisation en regardant le cheminement dès l’extérieur. Nous nous adaptons à la pathologie, à son évolution et à la morphologie de la personne.
Il s’agit à chaque fois de cas par cas. Des conseils jusqu’au chiffrage, à l’accompagnement des personnes vers des solutions de subventions et à un suivi pour s’assurer qu’elles savent utiliser les équipements.
En outre, l’aménagement du logement doit aussi prendre en considération les autres usagers, famille ou aidants. Nous nous attachons à apporter un maximum de confort mais aussi de sécurité car certaines pathologies peuvent générer des accidents dus, par exemple, à des pertes d’équilibre que nous devons prendre en considération.?»
