Deux techniques de plancher de rez-de-chaussée se partagent le marché : le plancher sur vide sanitaire et le dallage sur terre-plein. Toutefois, et pour des raisons essentiellement économiques, le dallage sur terre-plein est la solution la plus prisée. Du point de vue sinistralité, et si l’on rapporte le coût de réparation au nombre de maisons construites, on constate que le dallage sur terre-plein est trois fois plus sinistrant que le plancher sur vide sanitaire. Paradoxalement facile à réaliser, le dallage sur terre-plein est un ouvrage technique, qui exige de la part de l’artisan une grande rigueur…et par voie de conséquence, le respect des règles de l’art. D’autres solutions existent comme le radier nervuré.
Source: batirama.com / Bertrand Lemoine
La conception du dallage : solidarisé ou pas ?
D’une épaisseur minimale de 120 mm, le dallage de maison individuelle se décline en deux familles : le dallage désolidarisé de la structure au moyen d’un joint en polystyrène et le dallage solidaire de la structure, dont le pont thermique en about de dallage nécessite une chape flottante sur isolant.

|
Dallage ou plancher sur vide sanitaire ? |
||
|
|
Dallage sur terre-plein |
Plancher sur vide sanitaire |
|
Sol |
Bon sol non argileux |
Tout type de sol |
|
Terrain |
Terrain plat non inondable |
Tout type de terrain |
|
Mise en oeuvre |
Technique |
Facile mais plus rigoureuse |
|
Canalisations |
Enterrées ou noyées |
Libre passage dans le VS |
|
Isolation thermique |
Ponts thermiques pour dallage solidarisé |
Isolant PSE incorporé, renforcement possible |
|
Sinistralité |
Très importante |
Réduite |

1. L'inspensable connaissance du sol
Réaliser une maison individuelle et donc un dallage impose de connaître le sol, afin que le projet s’adapte parfaitement au terrain et à son sous-sol. Deux possibilités s’offrent à l’artisan, selon le nouveau DTU : réaliser ou faire une étude de sol ou reconnaître lui-même le sol.
La reconnaissance du sol s’adresse à des artisans connaissant bien les terrains de leur région. Néanmoins en cas de doute, celui-ci devra avertir son maître d’ouvrage, afin qu’une étude de sol soit réalisée. Dans le domaine des sols, les pièges sont nombreux et l’homme construit, bien souvent, là où les anciens n’auraient pas construit : anciennes carrières, terrains argileux, terrains pentus et souvent argileux, friches industrielles… Quoiqu’il en soit, l’artisan est considéré, du point de vue des assurances comme un sachant; à lui de définir ses limites de compétence concernant le sol. Pour se procurer le document « Bien choisir un terrain pour construire une maison solide » : www.qualiteconstruction.com
Renseignez-vous auprès des mairies
Les services techniques des mairies, quand ils existent, peuvent fournir des informations précieuses. Cette enquête doit permettre de dégager les particularités du sol et du régime des eaux, ainsi que les difficultés rencontrées lors de l'édification des bâtiments voisins. Un site Internet intéressant à consulter : www.prim.net : rubrique « ma commune face au risque majeur » La configuration du terrain peut être quelquefois de nature à obliger à abandonner le dallage au profit d'un plancher. C'est ainsi que les terrains en pente peuvent comporter une couche inclinée de moindre résistance (argile, limon, schiste…) jouant le rôle de “ lubrifiant ” par rapport aux couches dures superposées et susceptibles de provoquer un glissement sous l'effet des charges.
Attention aux terrains pentus et aux cuvettes !
D'autre part, sur des terrains horizontaux apparemment plans, il faut se méfier des points bas de type “cuvettes ”. Ces points bas, en particulier si le sol est argileux, constituent des réceptacles aux eaux de ruissellement. Rappelons que les terrains inondables ne peuvent recevoir des dallages sur terre-plein.
La nature du sol : dallage ou plancher ?
On peut distinguer :
• les sols rocheux ou caillouteux : ces sols ne présentent pas généralement de difficulté particulière pour l'établissement d'un terre-plein. Dans certains cas, s'ils sont homogènes et pratiquement horizontaux il sera même possible de faire l'économie du terre-plein en coulant directement le dallage sur la roche en place.
• les sols sableux : ils présentent une grande variété de nature et de granulométrie. Les sables en place, propres et homogènes, constituent une bonne assise de fondation parfaitement saine. Certains sables sont associés à des éléments plus fins tels que des limons et des argiles qui modifient considérablement leur comportement sous charge en présence d'eau.
• les sols argileux : ces sols nécessitent toujours de grandes précautions en matière de dallage ou de fondations.La consultation d'un spécialiste est indispensable. Un phénomène similaire qui est dû aux eaux de pluies, peut également se produire sous l'effet des variations de teneur en eau de la couche superficielle du sol.Dans ce cas, si la teneur en eau sous le terre-plein reste relativement constante, par contre, celle du sol au pourtour varie en fonction des conditions atmosphériques.L'eau de pluie imprègne le sol et le fait gonfler, l'insolation le dessèche et lui donne du retrait.
• les sols gypseux et calcaire : prudence vis-à-vis des anciennes carrières ! Des cavités ou des galeries peuvent se rencontrer à la verticale, des projets de construction, c’est notamment le cas des anciennes exploitations de gypse, de calcaire… Il convient donc de s’assurer que de tels phénomènes n’affectent pas la portance du support du dallage. Dans tous les cas de figures, on ne doit pas construire sur d’anciennes carrières non comblées ou remblayées. Si tel est le cas, le comblement doit être réalisé par une entreprise spécialisée.
Remarque : Il y a lieu d’être très vigilant vis-à-vis des sols hétérogènes comportant des points durs comme des rognons rocheux et des plantations d’arbres qui sont susceptibles de perturber le dallage.