Point n° 2 : Arrêter de vouloir tout incorporer dans le béton
En effet, vouloir tout incorporer dans les planchers, dalles ou murs est pathogène et surtout contraire aux exigences du DTU 21.
Ce dernier précise bien que les canalisations, gaines, fourreaux, etc., incorporés dans les ouvrages horizontaux ou verticaux en béton doivent satisfaire, tous corps d’état confondus, les quatre exigences suivantes :
1- être situés entre les nappes d’armature, (lorsqu’elles existent), de chacune des deux faces ;
2- permettre un enrobage par le béton au moins égal au diamètre de la plus grosse gaine, avec un minimum de 4 cm ;
3- présenter, sauf localement, une distance horizontale entre elles au moins égale à leur diamètre, avec un minimum de 4 cm ;
4- au droit des croisements ou empilages localisés, ne pas occuper plus de la demi-épaisseur et permettre un bétonnage correct des zones de concentration ponctuelle de gaines au voisinage des raccordements dans les boîtiers.
Cela implique donc une amélioration considérable du relationnel entre tous les corps d’états secondaires (électricité, plomberie, chauffage…) et le gros œuvre.
Point n° 3 : Commander correctement son béton
Pour éviter l’apparition de fissures, il faut bien avoir en tête que le béton mis en œuvre correspond à un usage donné, lequel usage est lié à un environnement.
Ainsi, dans la définition du besoin, et donc l’établissement de la future commande, de nombreux paramètres sont à prendre en compte. On les retrouve dans l’article 6.2 de la norme NF EN 206-1 pour ce qui est des BPE. Citons la classe d’exposition qui définit le niveau d’agressivité de l’environnement et permet ainsi, dans une approche prescriptive, de répondre à un certain nombre de critères sur la composition du béton (tableau NA.F.1 de la NF EN 206-1).

La classe de consistance, relative à la maniabilité du béton, est aussi un paramètre très important lorsque l’on s’intéresse à la mise en œuvre. Elle est mesurée par l’affaissement au cône d’Abrams?:
Sur les chantiers, la classe S4 est de plus en plus préférée à la classe S3 de part sa rhéologie mieux adaptée, entre autres, au béton banché. Dans une gamme de consistance plus élevée, les bétons autoplaçants se positionnent de plus en plus. Cela dit, il apparaît que les avis sont très partagés sur ces bétons et que leurs performances dépendent beaucoup des régions ou des fournisseurs de BPE.
Quoi qu’il en soit, une bonne relation entre le producteur et l’utilisateur de béton est indispensable car la palette des formulations disponibles pour un même type d’usage est importante.
Il convient également de s’assurer que le béton mis en œuvre soit le mieux adapté (choix des ciments par exemple), c’est pourquoi, dans les cas où l’entrepreneur a des doutes, il se doit d’exiger du maître d’œuvre des informations complémentaires sur l’ouvrage à réaliser afin de faire le bon choix de béton.
Point n° 4 : Proscrire les ajouts non justifiés
Même si la mise en œuvre s’est considérablement améliorée ces derniers temps, elle reste mise en cause dans de nombreux cas. Le principal coupable : l’ajout d’eau sur le chantier. Certes, il se pratique de moins en moins mais en raison de son effet particulièrement nocif sur le béton en termes de résistance, retrait, porosité et, par voie de conséquence, sur la fissuration du béton, l’ajout d’eau est strictement interdit par le DTU 21, après fabrication et avant mise en place, sauf justification particulière. C’est une raison supplémentaire pour laquelle les bétons S4 sont de plus en plus choisis vis-à-vis des bétons S3, dont la plage de rhéologie n’est pas toujours adaptée à certains bétons de voile.