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Maçonnerie

La nouvelle norme béton et l'artisan - Partie 1 (page 3)

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La nouvelle norme béton et l'artisan - Partie 1 (page 3)
La nouvelle norme béton et l'artisan - Partie 1 (page 3)

 

Solution n°2 : Dalle de compression d’un plancher

 

 

Le béton autoplaçant (consistance S5 ou F6) et de classe d’exposition minimale XC1 constitue, très certainement, un partenaire idéal pour l’artisan. L’hyperfluidité du béton autoplaçant assure un gain de temps à l’artisan tout en lui garantissant une qualité optimale…mais encore doit il respecter un certain nombre de règles élémentaires, mais fondamentales.

 

Concernant les dalles de compression, il est indispensable de fixer convenablement le ferraillage, les gaines de câbles, ainsi que tout élément destiné à être noyé dans le béton et de colmater tous les orifices supérieurs à 2 mm ; par ailleurs, et avant coulage, une préhumidification sans excès s’impose.

 

Le coulage peut être réalisé à la pompe avec flèche ou au moyen de tapis, voire à la benne et l’étalement et le lissage du béton s’effectuant au râteau et à la barre de répartition suivant deux directions perpendiculaires. Si une dalle de compression exige une planéité parfaite, il faut préciser que l’autonivellance du produit n’est pas compatible avec la réalisation des terrasses pentues.

 

Un produit de cure devra être appliqué, à l’avancement, après le deuxième passage de la barre. Son objectif : éviter l’évaporation trop rapide de l’eau excédentaire du béton, responsable de fissures. Quelles que soient les conditions atmosphériques, la cure est une opération qui doit être systématisée.

 

Avantages :

gain de temps et de pénibilité

Inconvénients :

la grande fluidité du produit peut occasionner des fuites.

 

 

Solution n°3 : Réalisation d’une aire de stockage agricole

 

Très fortement sollicités aussi bien du point de vue mécanique que chimique, ces ouvrages sont paradoxalement très techniques. Destinés à stocker du lisier ou du fumier, ils doivent avoir une épaisseur minimale de 15 cm en béton comportant deux nappes de TS de 150 x 150 (bas et haut) en fil de 8 mm, avec un enrobage de 4 cm.

 

Le dallage doit être pentu de 2 à 4% afin de permettre l’écoulement des jus vers un caniveau de récupération. Classiquement et conformément à la norme XP P 18-305, la classe d’environnement était de 5b, le dosage minimale en ciment ES ou en liant équivalent de 350 kg/m3 et pour une consistance plastique. Cette spécification correspondant à une agressivité moyenne est conforme au cahier des prescriptions techniques du ministère de l’Agriculture (circulaire DEPSE/SDEEA n° C95/7028).

 

Toutefois, il est nécessaire de rappeler que certains jus ont des pH très acides et nécessitent des spécifications plus sévères. Du point de vue de la norme NF EN 206-1, la classe d’exposition correspondant à une agression chimique est la classe XA, avec trois sous-classes XA1, XA2 et XA3.

 

La classe d’agressivité moyenne XA2 autorise des pH ³ à 4.5 et la classe XA3 ne permet d’atteindre que des pH > à 4. pour des pH plus petits (cas fréquents), la solution “béton seul” n’est pas autorisée, il y a donc lieu de protéger l’épiderme en contact avec les jus au moyen d’une protection de surface de type résine ou autre.

 

A signaler la formulation d’Agilia Forme de Lafarge Bétons qui est parfaitement adaptée aux exigences des constructions agricoles.

 

LES CLASSES D'EXPOSITION ET QUELQUES APPLICATIONS

XO

Béton non armé ne subissant aucune agression

XC1

XC2

Béton de fondation superficielles (sur sol non agressif)

Béton protégé de l'humidité

XF1

Béton non protégé soumis à du gel faible ou modéré

XF2

Béton non protégé soumis à du gel faible ou modéré + sels de déverglaçage

XF3

Béton non protégé soumis à du gel sévère

XF4

Béton non protégé soumis à du gel sévère + sels de déverglaçage

XS1

Béton soumis à l'air marin (frange de 1 km/mer)

XD2

Radier de piscine

XA1

XA2

XA3

Fondations soumises à agression chimique ou milieu agroalimentaire

 

  1. Il s'agit d'un BPS, Béton à Propriétés Spécifiées (béton à la résistance), anciennement dénommé BCN.
  2. La classe d'exposition est XF1 (voile extérieur non protégé), anciennement 2b1 BA.
  3. La classe de résistance est C25/30 ou ex B25.
  4. La classe de consistance est S4 (béton fluide) ou Très Plastique, au sens des anciennes appellations.
  5. Une attention particulière est portée sur les éventuels ajouts, notamment d'eau, qui rendent le béton non conforme à la norme.

 

Pour en savoir plus

 

Syndicat National du béton prêt-à-l’emploi
3, rue Alfred Roll
75849 Paris Cedex 17

 

Tous les documents cités dans le présent article sont disponibles auprès de l’AFNOR, Tél. : 01 41 62 80 00 ou commande en ligne à www.afnor.fr

 

 

Source : batirama.com / Hubert Kœnig

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Commentaires (1)

M

meneo

il y a 6 jours

Bonjour, Dans le paragraphe 2 de la solution n°2 de la page 1 de la "nouvelle norme béton et l'artisan" vous évoquez la possibilité de passez les gaines techniques dans une dalle de compression : "Concernant les dalles de compression, il est indispensable de fixer convenablement le ferraillage, les gaines de câbles, ainsi que tout élément destiné à être noyé dans le béton". Hors il me semblait que cela été interdit par la dtu 23, en tout cas il est précisé que cela nécessite un enrobage de la gaine avec un minimum de 4 cm de béton , ce qui ne peut être le cas avec une dalle de compression. Y aurait il une subtilité que je n'aurais pas saisi? Cordialement,

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