2/ Cas du dallage sur terre-plein
Dans le cadre d’un support constitué d’un dallage sur terre-plein, les Documents particuliers du marché doivent impérativement énoncer l’une des 3?solutions techniques décrites ci-après avant la pose d’un revêtement PVC collé :
- soit la mise en œuvre d’une chape rapportée désolidarisée assurant la fonction de barrière anticapillaire (film polyéthylène de 200 microns minimum en dessous et en périphérie) ;
- soit un système de sous-couche d’interposition bénéficiant d’un Avis technique (membrane PVC armaturée avec envers permettant la diffusion de l’humidité) ;
- soit la mise en œuvre d’un système de protection antiremontées d’humidité (film de résine époxydique sous Avis technique également). Cette solution n’est possible que sur un dallage armé.
AVIS D'EXPERT
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Philippe Tricaud Responsable Formation & Support Technique Export chez Forbo |
« Un DTU trop contraignant ? »
Nombre d’entreprises de revêtements de sol diront que « ce DTU est trop contraignant et impossible à faire appliquer compte-tenu des pressions incessantes des maîtres d’œuvres et d’ouvrages concernant les délais des chantiers… » ou bien « qu’ils ne sont pas des bureaux de contrôles et qu’ils n’ont ni les ressources ni le matériel nécessaires à la mise en place de tous ces contrôles… » Et pourtant, n’est-il pas plus rassurant mais aussi gage de professionnalisme que de travailler dans un cadre réglementaire bien établi?
Une démarche qui “coûte”
Même s’il faut admettre qu’une telle démarche complique la tâche de l’entrepreneur et lui coûte à bien des égards. En conclusion, voici le témoignage d’un rendez-vous de chantier qui s’est déroulé il y a quelques mois.
Il concernait un litige impliquant un sol PVC collé sur un plancher béton neuf dans des logements collectifs : les utilisateurs ont porté réclamation auprès du maître d’ouvrage pour des décollements et déformations du revêtement sol sous des chaises à roulettes.
Litige et rendez vous de chantier
Cette réunion se déroulait dans le cadre d’une expertise contradictoire impliquant les assurances du maître d’ouvrage, du maître d’œuvre et de l’entreprise de pose. Le fabricant du revêtement de sol PVC qui présentait le désordre était également présent.
Une fois les présentations faites et la description des désordres terminée, le représentant du fabricant demande au représentant de l’entreprise de pose ainsi qu’à l’expert de son assurance une copie du “Rapport contradictoire de réception du support”…
Levée de boucliers
Une véritable levée de boucliers de toutes les personnes présentes et une réponse collégiale de leur part : « Oulala ! Ah bin si vous commencez comme ça?!… ». Une réponse vraiment surprenante quand on ne fait que demander le document qui doit attester de la siccité du support au moment de la pose.
Rappelons que dans le cas présent, c’est un taux d’humidité très largement au dessus de la limite autorisée par ce DTU 53.2 qui était à l’origine des désordres de décollement et de déformation !...
Habitudes lourdes de conséquences
On voit bien ici le poids des habitudes, voire des traditions qui, comme dans beaucoup d’autres métiers du bâtiment, peut parfois être lourd de conséquences.
Malheureusement, cette répétition des sinistres, avec parfois le point de non-retour d’une condamnation devant les tribunaux, pourra, peut-être, seule forcer à l’évolution des mentalités et à la mise en application d’une réglementation pourtant écrite par des professionnels, pour des professionnels.
Source : batirama.com / Philippe Tricaud

